Bouche, p. 909. Voir plus loin
4. A noter : Godeau vécut encore 34 ans, bien que Chapelain semblât le considérer comme poitrinaire.
« Si l'on nous a mandé le vrai », continue Chapelain dans cette lettre du 5 août, •< je ne sais si à présent vous n'êtes point entre leurs mains et s'ils ne vous ont point pris dans l'action de la réforme de vos moines qui sont déjà accoutumés au marranisme. »
Godeau craignait le retour des Espagnols et en parla, semble-t-il, à Chapelain. Celui-ci lui écrit le 20 août • « A la question qui demande s'ils attaqueront Antibes, je vous réponds que je suis bien aise qu'ils ne l'aient pas déjà fait et que ce m'est un argument qu'ils n'ont pas pris le fort de Villefranche *. Si Grasse est seulement aussi bonne que Saint-Denis, étant aussi peuplée qu'elle est, et dans la montagne, elle doit tenir absolument, principalement en une saison où toute votre récolte doit être faite et vos grains portés dans les lieux défensables2 pour affamer les assiégeants. J'aimerais mieux que vous fussiez dans Aix et que vous y prêchassiez la croisade contre ces Mores 3, que de vous trouver dans votre ville, quand on l'assiégera, et de présider aux défenses ».
Le 26, Chapelain lui dit: « J'ai vu par votre lettre du n, que vous n'étiez pas dans la crainte de la descente des Espagnols. Depuis le temps qu'ils rôdent vos côtes'*, ils pouvaient prendre trois de vos forts5 Ne croyez-vous pas que l'aspect de vos îles, s'il excite l'ennemi à la vengeance, ne le retienne par la peur?... Votre province est si généreuse, et le gouverneur y a tant de créance ». Suivent quelques mots sur « les prisonniers ecclésiastiques. Leur affaire dort », et il termine par une allusion à l'arrivée de l'évêque de Langres, qu'il ne nomme pas, Sébastien Zamet, venu, disait-on, « pour servir de témoin contre le plus vieux », c'est-à-dire contre
1. Les Espagnols ne tardèrent pas à occuper le château de Nice, on le verra plus loin.