‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 146 sur 192 · L'expression revient plusieurs foi> dan.- iei lettres · texte numérisé non relu

L'expression revient plusieurs foi> dan.- iei lettres

bouillet vous demandera ce que vous entendez par sa confession que vous a révélée votre Ange ».

Enfin le 3o, Chapelain l'informe de ce que Brisach venait d'être prise par nos troupes.

M. Gognet a publié le premier une pièce de vers * « pour une levrette, nommée Marphise », qui est censée écrire « à M. l'évêque de Grasse, qui l'avait donnée à MIle de Glermont ». Ne serait-ce pas une plaisanterie de Voiture :

Divin prélat qui soûliez être

Au temps jadis mon premier maître.

Je vous écris comme je puis,

Et vous veux dire que je suis

La belle et gentille Marphise ».

La chienne lui dit qu'elle est nourrie d'anis2 et de coriandre 3, que cette alimentation la rend vive comme « un petit démon », que sa maîtresse la met sur « un carreau de velours fort riche et fort beau », qu'elle joue avec un petit camarade « qui sort de l'illustre famille des Avaugours, où tout fourmille de chiens jolis et mignons ». Godeau sait, ajoute Marphise,

u Que chiens n'écrivirent jamais, Et qu'ils n'écriront désormais, Si, comme moi, par leur caresse, Ils n'obligent secrétairesse Ou secrétaire à cœur humain A leur mettre la plume en main Ou plutôt la plume à la patte ».

Elle termine en disant qu'on regrette de voir l'évêque a éloigné de nous,

« Et que la divine Angélique En a l'humeur mélancolique »,

i. D'ap. Rec. Conrart, in-4°, xxn, f° 2g5.

2. Les achaines de Tarais servent contre la dyspepsie et la flatuosité.

3. Les fruits de la coriandre ont, verts, l'odeur de la punaise et, secs, un parfum qui les fait employer dans la confiserie et l'eau de mélisse : ils sont réputés carminatifs et stomachiques. Décidément la petite bête avait de mauvaises digestions.

que Madame de Clermonl est allée à Saint-Etienne-du- Mont. qu'elle y a demandé à Dieu de ramener à Paris M. de Grasse,

« Prélat divin, prélat aimable,

Et dont l'esprit incomparable

Force chacun à vous aimer ».

La réponse, que M. Cognet a fait connaître le premier aussi, est une pièce de vers \ que o le perroquet de Grasse « adresse à Marphise, très honorée chienne ».

« On disait jusqu'ici qu'un chien

Un évêque regarde bien.

Mais maintenant les temps arrivent

Qu'aux évêques chiennes écrivent...

... Si galamment,

Que j'en suis bien plus taciturne

Qu'Heraclite ni que Saturne ».

Le maître du perroquet lui met dans la tête « force bonnes et belles choses » qui verront le jour en leur temps. L'oiseau croit que c'est « quelque grand poète » qui a écrit la lettre de la chienne :

« Ce ne sont pas des chiens de vers.

Quoiqu'ils soient faits par une chienne. . . Ils ont fait rire notre maître Qui, comme vous, voudrait bien être Chez Angélique au coin du feu.

Prenez garde à cette Lionne 2

Mon bon maître n'aime rien tant Que cette incomparable fille Et toute la noble famille, Où le chien3 du ciel est jaloux De n'habiter pas comme vous ».

On daterait volontiers ces deux pièces de l'automne de 16.S8, parce que le perroquet de Grasse débute en disant à

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