Pierre Arnauld
saisis guère ce que vient faire Sultan Mourad IV, connu notamment pour avoir fait mettre à mort ses frères Baïezid *, Kacim et Suleïman, refusé à notre ambassadeur, Philippe de Harlay de Césy, d'autoriser les jésuites à rentrer à Gonstanfinople, malmené son successeur, le comte de Marcheville, dont un drogman fut pendu, un autre empalé, et le fils emprisonné 2.
Godeau ne reviendrait-il pas à Paris ? « M. de Grasse se plaît dans son ermitage et se déplaît à la cour », écrit Chapelain à Balzac, le i5 janvier. Le 20, il s'adresse à notre évêque : « J'approuve que vous fassiez parler David sur la fin de votre poème sur la naissance du dauphin3... Il n'y a nulle difficulté de parler de l'oblation que le roi a faite de son royaume à la Vierge '*... Vous trouverez 5 une lettre d'un huguenot dont Dieu vous réserve la conversion. » Tamizey de Larroque a indiqué qu'il s'agit de Montausier, le prétendant de Julie d'Angennes, encore attaché aux idées protestantes. Si Godeau, on le verra plus loin, bénit leur mariage le [\ juillet i645, c'est un autre que notre évêque, son collègue d'Amiens, François Lefèvre de Gaumartin 6, qui amena iMonlausier à devenir catholique. Le [\ février, Chapelain reparle à Godeau de la mort du P. Joseph, de Cha-
1. On sait que cet événement a fourni à Racine le sujet de sa tragédie de Bajazet.
2. C'est le \\ avril, à Saint Germain-en-Laye, que Richelieu signa les instructions « au sieur de La Haye Vantelet, s'en allant ambassadeur ou Levant 0 (Lett. de Rich., t. VI, p. 3ao).
3. Dans les Œuv. chrét. que Godeau publia en 16/n - c'était la seconde partie — il y a un hymne, non sur la naissance du dauphin, mais sur le vœu de son père. Nous en parlerons plus loin.
1. Chapelain s'égaie ensuite de « la sainte mode qui est venue à cette hfure de faire à la Vierge présent « l<--> Etats, quand on est empêché a les conserver des usurpateurs : ainsi M. «le Bavière... el le roi de Polo gne... Vous ne parlerez de l'un ni de l'autre : il suffira que \mus touchiez fortement la dévotion du roi 1 en post-scriplum.
t). Il occupa !<• siège du i*1 juillet 1618 au >~ novembre [65a. C'est lui qui officia en oct. [643 aux funérailles de Sain! » \ran
vigny qui obtiendra sa place1, « fera bien, mais sans doute moins que son prédécesseur », de l'archevêque de Bordeaux, « qui n'est pas trop ami de votre cardinal », c'est-à-dire de La Valette, et deviendra cardinal « à la première promotion, si ce n'est que les coups qu'il a reçus en Guyenne et en Provence » — en i633, à Bordeaux, du vieux duc d'Epernon, et en i636, à Cannes, du maréchal de Vitry — « ne l'aient rendu indigne du chapeau » : on sait que Sourdis mourut, en i645. sans l'avoir obtenu. Chapelain revient sur la prise de Brisach, dit à Godeau que c'est « une paix en herbe et qu'enfin cette saccade 2 en fera venir l'envie aux Castillans malgré eux », et lui donne des nouvelles du « carabin qui est à ses quartiers d'hiver ».
1. Il avait 3i ans et était, comme Claude son père, un des agents les plus dévoués de Richelieu.