Chapelain, Leit., tom. I, p
M. l'abbé Gognet suppose que c'est alors que notre évêque dit qu'ils étaient « riches de peu de bien, glorieux de peu d'honneur, savants de peu de science ». Il envoya à ses amis son discours dont les propositions n'avaient pas rallié la majorité. On l'en félicita pourtant. « Nous vous tenons plus propre », lui répondit Chapelain le 3 mars, « à haranguer sur les choses sacrées que sur les profanes ». Et dans sa lettre du ier avril : « Je vous félicite de votre retour dans votre royaume, quoique vous ne régniez que sur des rochers * et que ce peu de terre que vous avez ne soit fertile qu'en oranges ».
Le roi avait demandé aux Etats d'entretenir les troupes destinées à défendre la côte et de fournir de grandes sommes pour les frais de la guerre ; ils n'accordèrent que l'entretien de deux régiments et des garnisons des îles de Lérins « et autres îles et tours le long de la côte, se montant véritablement à de grandes sommes2 ». Assistaient à ces Etats l'intendant de Provence, Champigny, l'archevêque d'Aix, les évêques de Grasse, Senez, Digne, Glandèves, Fréjus, Apt, etc..
Ce furent les derniers, et la Provence n'eut ensuite qu'une représentation imparfaite, qu'on désigna sous le nom d'Assemblées des Communautés. Elles firent une opposition analogue aux exigences de la couronne qui ne cessa, nous y reviendrons, de chercher à obtenir ce qu'on appelait le don gratuit — et sa demande fut haussée successivement — par des démarches, des expédients, des intrigues même qui donnaient les plus grands soucis.
Richelieu était très préoccupé des affaires de Savoie. Le cardinal de La Valette se plaignait d'avoir peu d'argent, peu de troupes, « les plus mauvais régiments ». Le 17 mars, Richelieu lui écrivait que Madame Royale désirait que, au cas où le prince Thomas entrerait dans le duché de Savoie,