‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 154 sur 192 · Toujours cette peinture de ce beau pays · texte numérisé non relu

Toujours cette peinture de ce beau pays

a. Bouche, p. 918. — La somme demandée était un don extraordinaire de 400.000 liv. et une contribution de 200.000 destinée aux quartiers d'hiver des gens de guerre (Arch. des B.-du-Rhône, G. a5).

on s'emparât de lui ; le 20 avril, que le comte d'Alais tiendrait des soldats « prêts à jeter dans Nice et Villefranche », aussitôt qu'elle l'ordonnerait ; le 5 mai, par l'intermédiaire de Chavigny qui était alors près de La Valette, que le gouverneur avait averti qu'il n'attendait que le signal.

D'autre part, Louis XIII avait érigé trois présidiaux en Provence, à Aix, Draguignan, Forcalquier, par édit de mars i638; il le supprima par lettres-patentes données à Réthel, en juillet i63q, et créa trente « bureaux de conseillers auditeurs des comptes tutélaires et experts jurés », dont un à Grasse et un à Antibes '. Cet édit fut vérifié en octobre parle Parlement d'Aix ; il devint, dit Bouche, la source de tous les malheurs qui arrivèrent ensuite en Provence et dont nous aurons à parler.

C'est au cours de ce voyage — circonstance que n'indique pas M. Allier dans son livre auquel nous recourrons plus d'une fois, La compagnie du Très Saint Sacrement de l'Autel à Marseille "2, — que Godeau fonda celle ci, le 9 mars 3, M. Allier a fait connaître l'acte de constitution v dont il convient d'extraire quelques mots. « Dieu, qui est l'auteur de tout bien, ayant inspiré messire Antoine Godeau. évêque de Grasse, homme d'éminente vertu et vraiment apostolique, d'employer ses soins pour ériger à Marseille une compagnie sous le titre du T. S. Sacrement en la forme qu'elle est établie à Paris \ afin d'y rétablir le royaume de J.-C. et d'y

1. Il n'y en eut pas à Vence qui demanda, d'autre part, en 1639. à figurer parmi les communautés assez considérables pour figurer dans la représentation provinciale . ce qui fut refusé (Corr. adm. sous Louis XIV, tl).

3. Alfred Rebelliau, Lett. du groupe paris, au gr. marseil. de 1639 à 1662, Paris, Champion, 1908, et Raoul Allier, La Comp. du T. S. Sacr. de l'Aut. à Mars., Paris. Champion, 1909.

5, Ce qui prouve que. quand Tisserand parle d'une lettre envoyée par Godeau, de Grasse, le 22 février 1639 (God., p. 66), il se trompe.

',. Allier, l.c. P. 1.

Voir l'autre livre <\? VI. Ulier, La mbalr des dévots, Paris, Colin. 1902, et les articles de M. Rebelliau. dans la Hev. des Deux-Mondes d'oct.nov. 190g, lea nombreux articles qu'ils onl lusdtéi p&Mim, noiamnipnt celui de M. Geoftro> dr Grandmaifoiij Corretpond. du 26 mars 191 1.

remédier aux vices qu'on voit fourmiller de toutes parts, ledit prélat, correspondant fidèlement à ce saint mouvement, a proposé son dessein à quelques personnes zélées de cette ville qui, se sentant poussées du même esprit que le sien, résolurent d'embrasser de tout leur cœur cette bonne œuvre. Il a offert le Saint Sacrifice de la messe pour prier Notre- Seigneur qu'il répande sa bénédiction à cette entreprise. Les susdites personnes y ayant assisté pour introduire la grâce du Saint-Esprit et communié à cette intention, ayant obtenu l'approbation du vicaire général de l'évêque de Marseille à cause de l'absence de celui-ci *, se sont assemblés le premier jour de Carême, 9 mars 1639, dans la maison des Pères de l'Oratoire, et assistés de la présence dudit évêque de Grasse, ont élu les officiers. La première conférence aura lieu le 25 mars, jour de l'Annonciation ».

M. Allier a publié d'autre part l'autorisation que Louis Gantés, vicaire général de l'évêque de Marseille 2, avait donnée le 8 3, ainsi que le procès-verbal de l'élection des premiers officiers faite en présence de Godeau 4, et une lettre, non datée, de la nouvelle compagnie à celle de Paris où nous lisons notamment : « Nous avons appris par Mgr l'évêque de Grasse, de qui le zèle et la piété toute sainte a introduit cette institution, que la compagnie de Paris est la mère des autres » 5. Celle de Marseille devait être une des filles les plus actives de celle que Henri de Lévis, duc de Ventadour, avait fondée à Paris, en 1627, et ses archives, possédées par Paul Arbaud, le célèbre collectionneur d'Aix, mort dernièrement, permettent de voir ce que fut son zèle. On a fait remarquer

1. F. de Lornénie, dominicain, évêque de Marseille depuis 1624, était mort le 27 février 1639 ; son successeur, Eustache Gault, oratorien, fut nommé en mars, mourut un an après, le i3 mars i64o, sans avoir été sacré, et fut remplacé par le célèbre Jean-Baptiste Gault, oratorien lui aussi, qui mourut le a3 mai i643, en odeur de sainteté.

Page 1