‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 179 sur 192 · Celle du · texte numérisé non relu

Celle du

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que certains impertinents ont fait courir parmi les dévots de deçà que vous voulez permuter votre évêché contre des bénéfices simples. M. Conrart en aura une copie, Mlle Paulet une ; je garderai l'original... Nice est une chose cruelle1, mais jusqu'ici il semble qu'elle craigne plus qu'elle ne fait craindre, puisque les Niçards travaillent à tant de forts w -. Cependant, quatre jours avant de parler ainsi à Godeau, il avait écrit le 25 à Balzac : a M. de Grasse est presque au\ prises avec les Espagnols depuis la révolte de Nice et de Vil- Lefranchc \ et toutes ses dépêches sont pleines de la peur qu'il a des Marranes ». Toujours ces porcs !

La lettre de, Chapelain ne trouva pas Godeau à Grasse : nous verrons qu'il apprit que le cardinal de La Valette était perdu \ passa la frontière sans même demander l'autorisation de la franchir, et arriva au chevet de son illustre ami un jour, comme Chapelain l'a dit assez inexactement, après sa mort, survenue à Rivoli, prèsde Turin, le 28 septembre5.

La meilleure preuve que l'évêque de Grasse parlait sans réticence et ne songeait pas à résigner son diocèse, c'est que, d'une part, il se proposait de revendiquer le droit de patronage sur Antibes.

Nous avons vu qu'en janvier 1639, Chapelain lui écrivait que « l'affaire d'Antibes » était « à la disposition » de la nièce de Richelieu, la duchesse d'Aiguillon. Le 8 juillet, il lui écrivaitqu'il était impatient de savoir « comment M, Gas

1. Nice, c'est -à-diro la surprise à la suite de laquelle le cardinal Maurice s'était installé dans le château.

a. Chapelain laisse entendre à Godeau que Louis Mil et Richelieu iront à Grenoble : « j'approuve fort que vous leur alliez rendre jusque- 1,1 \os devoirs ».

3. Révolte contre le gouverneur, frère de feu François de Sales, el surtout contre la régente Christine pour laquelle le comté de Nice étail for! mal disp<

\. Le 11 sept., il fut pris d'une fièvre double tierce, qui devint continue, el l«' chagrin aggrava -><>n état, comme lîonl noté Chapelain dans ses lettres el Richelieu dans son Tettament politique Moreri

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sendi aura reçu ce que vous aurez résolu de lui dire à Antibes * )> .

C'est que, d'autre part, il songeait ou ne s'opposait pas à ce que la Cour pensât à annexer à son diocèse celui de Vence dont l'évêque, Pierre du Vair, qui l'avait administré depuis 1601, était mort, on l'a vu, le 28 juin i638. Est-il exact que le défunt eût demandé, sur la fin de sa vie, comme on l'a dit, la réunion des deux diocèses? La question reste incertaine pour nous-. Et Godeau même pour successeur, comme le chanoine Tisserand Ta avancé3? Nous l'ignorons.

La lettre de Godeau à Chapelain laissait entendre qu'il irait à Paris dans un assez bref délai. L'affaire d'Antibes et celle de Vence étaient suffisantes pour l'y appeler.

Il y avait aussi des inquiétudes du côté de Lérins.

Urbain VIII, on le sait, combla sa famille de faveurs. Son frère Antonio Barberini, dit « le Vieux », capucin, fut fait par lui, en octobre 1624. cardinal-diacre de Saint-Onuphre, puis évêquedeSinigaglia4. De leurs trois neveux, l'un, Francesco, fut fait par lui cardinal-diacre de Saint-Onuphre dès sa première promotion, en octobre 1623, puis de Sainte-Agathe ; il devint cardinal-évêque de la Sabine en octobre i645, de Porto et Selva Candida en sept. i652, d'Ostie et Velletri en octobre 16665. Un autre, Antonio, dit « le Jeune », fut fait par lui, en août 1627, cardinal-diacre de Sainte-Marie in Aquiro, puis de Sainte-Agathe, de Sainte-Marie in via lata, et cardinal-prêtre de la Trinité in monte Pincio : il devint évêque de Poitiers en août 1662, archevêque de Reims en 1667, grand aumônier de France, cardinal-évêque de Frascati en octobre 1 655, puis de Palestrina en novembre 16616. Le troisième,

1. De ce passage de Godeau à A.ntibes, je n'ai trouvé aucune trace.

2. L'abbé Massa dit même que P. du Vair avait, avant de mourir, écrit à Godeau et conseillé de persister à demander l'union des deux sièges (Hist. de Grasse, 1878).

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