CHAPITRE XIII
Premier retour de Godeau à Paris (1639, depuis octobre).
Godeau sortit de France, sans autorisation. Quel jour ? je l'ignore : du moins, il ne put quitter Grasse que dans la soirée du 29 septembre. Il se rendit à Turin, où l'avait appelé la nouvelle de la maladie de son ami et protecteur, le cardinal Louis de La Valette. Il dut apprendre sa mort, survenue le 28, en cours de route, et ne put arriver, quoi qu'en aient dit Chapelain et d'après lui M. Cognet l, le lendemain de cet événement à propos duquel Richelieu écrivit, le 19 octobre, au vieux duc d'Epernon, avec qui il était cependant au plus mal : « Si l'on pouvait racheter par son sang un ami tel que le cardinal, j'en donnerais beaucoup du mien pour le recouvrer » 2, et à Balzac, qu'il le pleurait sans cesse et que « la philosophie n'avait point de remèdes pour en consoler ». Godeau n'avait pas même pris le temps de demander au roi la permission de passer la frontière ; ce que le comte d'Alais fut le premier à excuser dans une lettre officielle à Chavigny, écrite à Brignoles et le 27 septembre 3, donc un
1. G. d'ap. Chapelain, Lett., t. I, p. 509. A Balzac, 16 octobre 1639 : « M. de Grasse, ayant su l'extrémité du pauvre cardinal, partit aussitôt pour lui rendre les dernières assistances et n'arriva qu'un jour après sa mort ».