‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 2 sur 192 · Lanson, Rev. univ. du 1 5 avril · texte numérisé non relu

Lanson, Rev. univ. du 1 5 avril

plus complètement et fait imaginer plus vivement ». La thèse en question, écrit M. Lanson, est un « ouvrage médiocre, qui ne satisfait pas aux exigences du sujet ; la méthode en est très gauche, insuffisante ; presque toutes les questions d'histoire littéraire que pose l'œuvre de Godeau ne sont même pas soupçonnées; M. Cognet nous fait très mal connaître Godeau évêque, offre les faits biographiques dans l'incohérence de la succession chronologique, et ne sait ni composer ni dégager la physionomie vivante de l'homme ; il ne caractérise pas avec précision son rôle dans les affaires ecclésiastiques, ne met aucune exactitude pittoresque et vivante à le peindre dans ses diocèses, ainsi que les mœurs et habitudes de ses diocésains. Trop de formules générales et de phrases vagues ; pas assez de menus faits, signifiants et savoureux... Si M. Cognet a visité les documents, il ne sait pas s'en servir. Il a lu Godeau, qui est un des plus mé diocres et des plus verbeux écrivains que je connaisse : c'est probablement le seul homme vivant qui ait eu le mérite de le faire. Il a dressé patiemment l'inventaire de matériaux qu'il n'a guère habilement mis en œuvre ».

Il m'a semblé utile de suivre, moi aussi, je l'avoue, autant que possible, l'ordre chronologique, d'écrire une vie complète de Godeau, de ne pas chercher un plan qui fût plus compliqué. Sans revenir sur les ouvrages dont M. Cognet s'est servi et sans insister ici sur ceux dont il aurait pu tirer quelque profit, non plus que sur ceux qui ont paru depuis sa thèse et sur la richesse des documents des Archives des Alpes Maritimes, où il n'a pas puisé toul ce qu'il faut y prendre, je commence par dire ce que sou travail ;i de bon. Il a rectifié plus d'une inexactitude qui avajl cours jusqu'à lui. notamment les erreurs ou les Fantaisies «le l'abbé Tisse

rand. dont les livres sont plus connus <l;uis les MpeS M. ni

times * que celui de Kerviler"2. Son appendice contient des pièces inédites. 11 me sera permis de corriger quelques erreurs encore, et j'ai consulté beaucoup de documents auxquels M. Cognet n'a pas recouru. L'histoire de notre région a gagné à ce que sa thèse ait été composée : elle apportait quelques faits nouveaux et précisait souvent ce que les études jusque-là parues, même celles de Tisserand et de Kerviler qui étaient les moins mauvaises, avaient encore laissé dans le vague. Puisse notre travail offrir quelque intérêt à ceux qui n'ont pas oublié que « le nain de Julie » fut, en son siècle, un des littérateurs et des évêques dont ses contemporains ont le plus parlé, à ceux qui pensent qu'il reste un de ceux dont la littérature et l'Eglise ont encore le droit d'être fières. Nous diviserons l'exposé en trois parties : d'abord la jeunesse de Godeau, sa conversion, le temps où il fut évêque seulement de Grasse (i6o5-3g), puis celui où il le fut à la fois de Grasse et de Vence (i6/jO-53), enfin celui où il le resta simplement de Vence (1654-72). La première partie sera beaucoup plus courte que les deux autres, cela va de soi.

Nice, octobre 191i.

1. Vence, Paris, Belin, 1860 (en abrégé, T., V.) ; Hist. civ. et relig. de Nice et des Alpes- Maritimes, Nice, Delbecchi et Visconti, 1862, 2 volumes (en abrégé, T., N. et A -M.) ; Godeau, évêque de Grasse et de Vence, Paris, Didier, 1870 (en abrégé, T., G.); Histoire d'Antibes, Antibes, Marchand, 1 876 (en abrégé, T. , A .).

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