‹ Godeau, évêque de Grasse et de Vence (1605-1672) (volume 2)Chapitre 31 sur 192 · Antonin Fabre, p · texte numérisé non relu

Antonin Fabre, p

santé ses « succès extra-cléricaux », cite « un savant auteur, M. Robert Reboul, savant et consciencieux bibliographe », qui, tout en constatant « la prodigieuse fécondité de Godeau comme prosateur », avait écrit que « ses œuvres poétiques sont assez médiocres et justement oubliées » *,

Préparée par ses paraphrases de cinq des plus belles, peut-être des épitres de saint Paul et par la publication de son premier recueil d'QEuvres chrétiennes, la conversion de l'avocat Godeau, que n'entrave pas son rôle dans la formation de l'Académie, devient de plus en plus sérieuse. Il se rend, selon ses expressions, y ermite au milieu de Paris ». Il charge Gonrart de brûler des vers amoureux qu'il lui avait confiés2. Les morceaux de prose et de poésie qu'il continue à écrire, sont sérieux, religieux même, ce qui ne les empêche pas de trahir une fécondité de médiocre, sinon de mau vais aloi. On assure qu'en un jour il écrivait jusqu'à 3oo vers répartis en stances de 10 3.

En mai i635, notre académicien reçoit le sous-diaconat *. Son cousin germain Gonrart, qui, il faut s'en souvenir, était protestant, le félicite dès le 20" \ Ghapelain écrit à un de ses amis que Godeau est « tout spirituel même par le corps et les habits et qu'on ne lui verra plus « ni cheveux, ni barbe, ni collet 6. G'est une bonne et sainte âme, qui s'est mise dans le repos où elle se souhaitait

i. Séncquicr, Grasse, y édit., p. 5i.

Cf. Bourgoin, p. 64. En février i634, Gonrart épouse Magdeleine Muissoo, sa cousine germaine, fille rie Marie Conrarl : furent témoins du contrat Arnauld d'Andilly, Chapelain, Le Duchat. et non Godeau (ibid., p. "ni. La mariée était protestante et l'union eut lieu a l'ambassade de Hollande (Mal. cité par Bourgoin. p. 'jo et Fabre, p. 16).

.'J. Tisserand, <i<><t., p, 54.

!\. Ou ? quel jour? De qui i» je L'ignore.

5. Lettre écrite de Jonquières où Conrarl étail aux eaux. Tisserand

place ce paya dans le dép. ad. de \aucluse; kerxilei, en Catalogne;

M Bourgoin el l'abbé I abre, dans celui de l'< lise. \ oe des belles-sœurs de Gonrart, Marie Muisson, avait épousé Jean de Jonquières, que Kerviler

appelait « Dompiene. seigneur de* Junclières « (labre, p. 17).

• d'aj) Chapelain, Lett tome 1. p.

depuis si longtemps » '. Quand fut-il fait diacre ? où ? quel jour exactement ? je l'ignore. 11 reçut la prêtrise en i636 et, je crois, le 7 mai 2. « Quand je dis ma première messe, j'eus de la peine », écrivit il, plus tard, à un jeune prêtre 3, « à contenir mon cœur. Les ennemis les plus redoutables me paraissaient petits, et rien sur la terre ne me semblait digne d'être regardé. J'eusse avec beaucoup de joie mêlé mon sang à celui de la Victime que j'offrais 4 ». Il ajoute — mais nous ignorons à quelle époque se rattachent les réflexions suivantes5 : « La maison de M. le chancelier6 est une école de vertu et de piété, mais votre condition, votre âge, votre esprit et les affaires vous exposent parmi d'autres compagnies Fuyez les grilles des religieuses comme des écueils : la moindre perte qu'on y fasse d'ordinaire est celle du temps ».

Ainsi, nous ne savons guère en quels lieux, en quelsjours et de quels évêques Godeau reçut la tonsure, les quatre ordres mineurs, puis le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise : nous allons voir qu'un brevet du roi et des bulles du pape le qualifient « prêtre du diocèse de Chartres ».

Il suit les conférences spirituelles que saint Vincent de Paul venait d instituer. M. Cognet indique qu'il garda une grande vénération pour les Lazaristes et les loua dans plusieurs de ses lettres 7. Son rêve était de partager son temps entre les livres et l'autel. Il semble que M. Faguet ait dit en Sorbonne que Godeau, qui était devenu « agréable, autant

1. Je ne sais pourquoi M. l'abbé Cognet a supprimé cette dernière phrase.

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