Réédition en i64i
2. Ainsi Tisserand et l'abbé Antonin Fabre (Chapelain et nos deux prem. acad., Paris, Perrin, 1890, p. 36).
premier de la première liste des Académiciens, que Voiture ne vint qu'à la trente-troisième place, que Conrart n'occupa que le sixième rang : il fut d'ailleurs, dès i634, avant les lettres patentes de Louis XIII, et en son absence, et quoique protestant, élu à l'unanimité, le i3 mars, secrétaire à vie de la compagnie naissante. « Si Conrart n'est pas le père de l'Académie française », écrit son biographe le plus récent, M. Bourgoin, « il en est à coup sûr le père nourricier, comme le véritable fondateur en est Richelieu ». Un discours de Godeau Contre l'éloquence figure au nombre des trois premières des harangues que l'Académie employa sa première année à entendre : il le prononça le 22 février i635 ', n'ayantpasencore reçu le premier des ordres majeurs. Il fit plus tard l'éloge de celui des académiciens qui meurt le premier, l'obscur Bardin, « un honnête homme », dit M. Gognet, qui n'eût pas mal fait d'indiquer quels titres il avait eus, outre son honnêteté, pour appartenir à la nouvelle compagnie *.
Richelieu appréciait le talent de Godeau. Selon Tallemant, un jour que le cardinal voulut faire imprimer un discours qu'il avait prononcé au Parlement, il le soumit à son examen : la harangue parut médiocre ; Richelieu n'en parla plus. D'après le même auteur, la paraphrase du « Bene dicite » par Godeau semblait si belle au cardinal que, pour dire : telle chose est admirable, on disait chez lui : quand M. Godeau l'aurait faite, elle ne serait pas mieux. Il avait été, selon une lettre que Chapelain écrivit à Godeau le 8 décembre i632, « le prince et le chef » des amis cle Conrart : il
1. "Il parla près de dois quarts d'heure à l'Académie », écrivit Chapelain à Balzac, le 25 février i635. Le premier discours, dit Tamizev de Larroque, fut prononcé par du Chastelet sur l'éloquence française; le second. par l'abbé de Bourzeis, sur le dessein de l'Académie et le différent génie des langues. Celui de (iodeau « contre I éloquence sr trouve au tome II (p. 365 a 388) (l< sesCEau. chrèt. et moral, en prose qui furent publiées on i658.
2. Bardin s<> noya on ifi.'i- en voulant lauvei lo marquis d'Humières, le pore du maréchal, dont il avail été lo gouverneur (Faire, p. 3a).
était naturel qu'il fût le premier, au moins l'un des premiers, des membres de l'Académie française.
Mais Godeau ne fut pas le premier de la première liste d'académiciens, si nous en croyons le catalogue « par fauteuils » que M. Adhémard Leclerc a dressé1. Le ier estBardin; Godeau est le 34e des 3g choisis en i634 2 ; Chapelain le 37*, Gonrart le 38e, Racan le 32e, Balzac le 19e, Vaugelas le i4e, Voiture le 12e, Philippe Habert le 3', Séguier le 7e, Faret le 8e, Maynard le 9e, Malleville le 10e, de Serizay le 18e, Germain Habert, abbé de Cerisy,le2ie, Boisrobert le 26e3, Giry le 28e. D'autre part, M. l'abbé Antonin Fabre dit4 que Godeau fut le ier de la ire liste, Chapelain le 3e, Conrart le 6e, Racan le 27', Balzac le 29e, Vaugelas le 32e, Voiture le 33e, etc..
Sortons maintenant de « Mon antre », comme dit Chapelain de l'humble logis où l'Académie se réunissait durant l'automne de i634,et l'été de i635. Les statuts en cinquante articles sont donnés le 22 février i635, et l'on sait que le Parlement de Paris ne les enregistra que le 9 juillet 1637. La part que Godeau prit aux travaux de l'Académie devint, dit M. Cognet, « presque nulle quand il fut retiré dans ses montagnes de Provence; il ne s'intéressa guère à ses occupations dans les différents séjours qu'il fît à Paris » ; nous n'avons rien qui prouve qu'il se soit inquiété soit de l'élection de tel confrère, soit de la mort de tel autre.
Il est fâcheux, pour ce qui concerne le rôle de Godeau comme académicien, que les registres des procès-verbaux et des listes de présence jusqu'en 1672, — qui furent connus de Pellisson, — aient péri et que l'on ne possède que ceux qui viennent après l'année où, comme on le verra, mourut le cousin germain de Conrart.
L'auteur le plus récent de la meilleure histoire de Grasse, Sénequier, est sévère et railleur à l'égard de Godeau, plai-