M. de la Malle », capitaine au régiment de Provence
6. Claude, dont le fils François fut président au « Semestre » d'Aix en i648.
7. Alexandre, qui fut tué en Catalogne, sur une galère du roi dont il était capitaine, en iii'r-*.
8. Achille (il avait l'ail son testament \o 1 •> août i636) OU s<hi lils G pard.
(). Xnnib.il. qui fut gouverneur-viguier de Marseille en i646.
10. Péiissier dil que l'établissement dea Espagnols dans les lies en septem bfe [635 h leur expulsion en mon 1637 fiiej ^<>nt les plus mémorables épisodes*! pour la Provence, de la guerre de Trente Ans. 11 insiste mu ce quels reprise de 1637 ne lut ni sans Importance politique ni sans «iitfi
reconduits, ceux de Sainte-Marguerite à Menton, ceux de Saint-Honorat à Final ?
Les lecteurs des ouvrages fantaisistes de l'abbé Tisserand ont dû croire que oui. « Godeau arriva précisément au moment le plus chaud de l'action. Comme si sa présence et ses prières nous eussent rendu le Seigneur favorable... il put voir, soit de Cannes, soit des collines de Grasse, depuis notre brillant succès du 29 mars 1637, tous les forts tomber en notre pouvoir. Enfin, le 17 mai, il assista, avec son Chapitre et tous les religieux de Saint-Honorat, à la messe d'actions de grâces... » *.
M. l'abbé Cognet a démontré que tout ceci n'est que fantaisie, que Tisserand s'est « livré à son imagination » et que la Gallia est d'ailleurs responsable de ce que certains biographes de notre évêque le firent arriver le 21 mars 1637 à Grasse. Sans doute, Godeau s'est réjoui de notre double victoire : une lettre qu'il écrivit alors au cardinal de La Valette, prouve — mais M. Cognet n'en cite pas un mot2 -.- que le bonheur qu'il en éprouva ne dissipait qu'imparfaitement la tristesse de son départ. 11 était encore à Paris le 8 juillet, nous l'avons dit. Il ne s'est donc trouvé ni à Cannes ni « sur Jes collines de Grasse au moment le plus chaud de l'action » ; il n'a pas vu la capitulation des Espagnols ; il n'a assisté, ni avec son chapitre ni avec les religieux, à la messe d'actions de grâces. J'ajouterai qu'il ne put connaître Barthélémy de Camelin, évêque de Fréjus, qui mourut le i5 juin 1637 dans sa ville épiscopale et y fut enterré en toute hâte à cause de quelques navires espagnols qui croisaient vers Saint-Tropez 3. Quand Godeau vint à Fréjus, il y trouva comme évêque son neveu, Pierre de Camelin, que son oncle avait pris comme coadjuteur en 1621, et sacré dans sa cathédrale, le 5 décem-
cultés ni sans gloire, et sur le Te Deum et les réjouissances publiques que le Parlement d'Aix et le gouverneur de la Provence ordonnèrent.
1. Tisserand, God., p. i4o. Il semble s'autoriser du chanoine Alliez, Les îles de Lérins, tom. 1, p. 92 à 164.
2. 11 renvoie à Biblioth. Nation. M s. franc., n° 6645, f° 196.
3. Espitalier, Bull, de la Soc. d'étud. de Draguignan, XXII, p. 34.
bre, au titre de Philadelphie. Quanta L'île Saint-Honorat, que Bouche appelle gracieusement « le Paradis terrestre en gentillesse et rareté de fleurs, de vignes et de jardinages, comme jadis en sainteté » 1,Godeau n'y aperçut que les restes des fortifications que nos ennemis avaient établies dans les cinq chapelles : à l'est, la Sainte-Trinité, dont ils avaient fait un fort véritable ; sur la côte nord, les Saints-Cyprien et Justine, Saint-Michel, Saint-Sauveur; à l'ouest, Saint-Caprais, qu'ils avaient transformée en un vrai fort. Il vit, sans doute, les débris des bastions qu'ils avaient dressés autour de la grande Tour et du monastère, de la grande église Saint-Honorat, de la chapelle Notre-Dame, de la chapelle Saint-Porcaire et du puits miraculeux.
Avant de quitter Paris, Godeau écrivit aux prêtres de Saint-Lazare et les remercia de l'avoir accueilli dans leur compagnie. « Le souvenir des exemples que j'y ai vus, et des choses excellentes que j'y ai entendues, rallumera mon zèle, quand il sera éteint, et vous serez des modèles sur lesquels je tâcherai de former de bons prêtres » "2.
J'ignore quel jour il partit, mais je suppose que ce fut au début d'août. M. l'abbé Gognet a mis en lumière l'intérêt d'une lettre qu'un ami de la marquise de Rambouillet, un avocat-général au Parlement d'Aix, M. de Beaurecueil \ qui accompagnait le prélat, écrivit à Angélique Paulet le rr octo bre 1637. Gette lettre, dit M. Gognet, en fait supposer une autre qu'il n'a pu. malgré ses recherches, retrouver. Gelle-ci est dans le liccueil Conrart. On y trouve des détails sur les démonstrations dont Godeau fut l'objet au cours de son voyage.
2. C. d'ap. Abéli, VU de Vincent de Paul (publiée à Paris seulement en i843), tome I, p. 53i.
3. Je ae sais s'il l'agit de Louis de Cormis, seigneur de Beaurecueil H marquis de Bregançon, qui fut reçu le ta mais [65o en une charge
G en mars i64g «le huitième président a mortier an Parlement
d'Aix el mou ru 1 en 1669, Ou bien de son père, Pierre, qui épousa Intol nette Fabri de Fabrèguei (Marquis de Boisgelin, CtironoL det eoun sou
ver. de Provence, p. ai).
Voici les principales étapes: Bourbon l'Archambault, Marseille, Aix, la Sainte-Baume, Lorgues, Le Muy, Fréjus et Cannes, où il est dans son diocèse, à une petite distance de sa ville épiscopale.
Bourbon l'Archambault, près de Moulins, était alors célèbre par ses eaux thermales et ses bains de boues. La comtesse de Bourbon l'y reçoit, et la bénédiction de notre évêque y guérit une infirme qui se traînait sur des bâtons. A Marseille, ou.il est à la fin d'août, il y apprend la mort de Philippe Habert, frère de l'abbé de Cerisy. Ph. Habert était poète, commissaire de l'artillerie, protégé du maréchal de La Meilleraye, et académicien. Godeau envoie le 3i ses condoléances à l'abbé de Cerizy d. Germain Habert, poète, académicien lui aussi, qui écrivit plus tard la vie du cardinal de Bérulle. Son frère avait été écrasé par la chute d'un mur au siège d'Emery en Hainaut, entre Mons et Valenciennes. Godeau est reçu à Aix par des gens qui lui lisent force poésies c dont il y avait de quoi rire », dit M. de Beaurecueil 2. Il y apprend la mort de la femme de Robert Arnauld d'Andilly et lui écrit d'Aix, le 6 septembre, pour le consoler 3. Nous aurons souvent à reparler des relations de notre évêque avec ce personnage qu'une page brillante du tome VI de la délie montre à Port-Royal sous le nom de Timante 4 et qu'un historien du jansénisme 5 nomme, « à cause de ses travaux littéraires et de ses fruits, un Mélibée d'églogue ».
Godeau va d'Aix à la Sainte-Baume. Quatre jours après avoir visité le traditionnel asile de sainte Marie-Madeleine
i. Godeau, Lett., n° n. Son abbaye était dans le diocèse de Bayeux. Il mourut en i656.