En manuscrit
cution qu'il prononça pendant la messe solennelle » !; Je n'ai pas trouvé trace de ce discours.
Le ier octobre, Beaurecueil écrit à MUe Paulet et lui parle — ce sont les derniers détails que M. Gognet emprunte à ce curieux document — des premières difficultés entre l'évêque et son chapitre, des conseils qu'il a donnés comme avocat au Parlement, des visites que firent les nobles du pays, notamment le commandeur de Thorenc, frère de l'évêque défunt. M. Cognet indique aussi - la façon dont Godeau calma une querelle, déjà ancienne, entre « le comte de Grasse » et quelques particuliers. Nous avons déjà parlé de Charles de Grasse, comte du Bar, le dix-septième descendant en ligne directe de Rodoard, fondateur de la maison de Grasse au xe siècle : il avait trois fils. Annibal, Claude et François. Nous en reparlerons, ainsi que de leur cousin Jean de Grasse-Cabris, dont il a été question, et d'un autre, François de Grasse-Saint-Césaire.
Plusieurs paroisses du diocèse étaient dans la plaine qui s'étend au sud de Grasse ou dans les collines qui la bordent; certaines se trouvaient comme perdues dans les montagnes. On y accédait difficilement. Godeau courut dès les premiers jours de son épiscopat un danger si grave qu'il en avisa Mlu Paulet. L'hôtel de Rambouillet apprit avec peine que l'évêque de Grasse avait failli être jeté par sa monture dans un précipice. Du moins on en parla, et on le crut. « J'ai frémi », lui écrivit Chapelain le \ décembre i63-, « à ce que Mlle Paulet m'a dit du péril que vous aviez couru par l'indiscrétion de votre mule.... De l'avoir échappé, c'est le second des miracles » — Chapelain fait allusion à la guéridon de la malade de Bourbon -l'A rchambault— « des miracles que Dieu a résolu de faire par vous ou pour vous » :{.
i. Tisserand, (md.. p. ao4-
■2. D'apri's uno Hist. man, <lrs êgl, de Gr. et d'Anlib. (Biblioth. d'Aix,
3. C. d'ap. Chapelain, Lettr. lom. I. p. 1 7<* ; mais l'auteur <>via thèse nr cite pas aisez de cette letl '•■
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Godeau chanta en vers, et nous en reparlerons, le pittoresque de son diocèse, le petit nombre de ses ouailles, les soins qu'il leur donnait, les périls qu'il dut parfois courir pour elles. Nous verrons plus loin qu'en i63y il ne fit aucune visite pastorale : c'est donc au cours d'une simple promenade, semble-t-il, que « l'indiscrétion d'une mule » exposa notre jeune évêque, en octobre ou novembre, à des dangers qui firent frémir M"e Paulet et ensuite Chapelain. C'est ainsi que Le Camus, nommé évêque de Grenoble, écrivait le 26 mars 1672 : « Je me serais cru un saint Charles (Borromée), si j'avais été envoyé dans quelque autre éveché un peu plus réglé et moins délabré et je me serais su si bon gré de quelque règlement que j'y aurais apporté », et le 26 juillet suivant : « Je suis dans le diocèse du monde le plus raboteux et où il y a le plus de précipices : on ne peut visiter une paroisse sans être en danger d'être abîmé », et en avril 167/4 : « Priez Dieu qu'il bénisse ma seconde visite et que je ne me rompe pas le col dans ces précipices », et en février 168/i : « Un évêque de montagne doit avoir, outre la grâce épiscôpale, la légèreté des chamois » !.
a Les Grassois voyageaient très peu », dit le chanoine Latil ; « c'est toujours à dos de cheval ou de mulet qu'ils portaient les produits de leur industrie à Beaucaire, parfois à Grenoble ; à l'époque de la Révolution, l'évêque seul avait un carrosse et ne pouvait s'en servir, même pour aller à Cannes, qu'après avoir fait réparer le chemin pendant quinze jours ; les voitures n'ont été introduites à Grasse qu'au commencement du xixe s. » 2.
Les principaux moyens que le concile de Trente a recommandés pour réformer le clergé catholique et y rétablir la discipline, sont les visites régulières des évêques dans les paroisses, les réunions périodiques de synodes, la promulgation de statuts synodaux, la fondation de séminaires pour former les clercs qui jusqu'alors avaient fait leurs études
1. Lettres de Le Camus, publiées par le P. Ingold, Paris, Picard, 1892.