Godeau put se méfier de son bâton
2. Ev. deGr.< n5, f° 107. Présents : Bernard, Th. Raybaud. chanoine et économe du chapitre, dom Louis de Maynier, syndics nés, S. Lombard et le prieur d'Opio et de Cabris, J. de Villeneuve, syndics modernes, les prieurs de Châteauneuf, Biot et Saint- Ambroise. Voir celle du 17 oct. i636.
3. Malgré la présence de dom Louis de Meunier qui, on l'a vu, était « doyen et celerier et économe du monastère Saint-Honorat. »
CHAP1TRK VI
Premier séjour de Godeau dans son diocèse (1637, depuis septembre).
Quand Godeau a passé t'Estérel et franchi la Siagne, le voici dans son diocèse.
A Cannes, « le bruit des cris de joie fit cesser », dit M. de Beaurecueil, « celui des tambours d'onze compagnies qui y étaient en garnison ».
Le lendemain, il visite les îles de Lérins. « Une sentinelle étoit portier du monastère ; un tambour y servoit de cloche, un capitaine, d'abbé » l ; dans les cellules des religieux, il y avait 200 soldais, afin que les Espagnols, chassés en mai, ne pussent reprendre leur proie de i635. Godeau y est invité à déjeuner « dans une chambre jonchée de roses d'Espagne et de fleura d'oranges et de jasmins d'Espagne » ; la table abbaliale est couverte « d'une vingtaine de poissons inconnus, ornez de fleurs d'oranges » ; les invités sont « baignés dans l'eau de fleurs d'oranges ».
Le 2<S seplembre. l'évêque 2 monte à Grasse ; la foule, 1rs enfants, la noblesse, mais non le prévôt du chapitre, qui paratl s'être tenu à L'écart, L'accueillen'1 à merveille; les
1. L'abbé Honoré di braye, élu en i63a, l'étail retiré à Vallauris lora de l'occupation espagnole.
•j Le a ». il avail achevé sa 3 ■•' année
-9«harangues qu'il doit entendre « livrent à ma stupidité », dit Beaurecueil, « le plus fort assaut qu'elle eût soutenu jusque-là » ; il y avait, ajoute-t-il en des termes dont M. l'abbé Gognet eût bien fait de relever l'évidente exagération. « 12.000 personnes ou dans une rue ou dans une église » ; le soir, la grand'salle de l'évêché est « ornée d'une telle profusion de roses et de jasmins que nous ne faisions point de pas que nous ne gâtassions autant de fleurs qu'il en faudroit pour faire trois bouquets », écrit l'a vocal-général au Parlement d'Aix. Il m'a l'air d'avoir appris la rhétorique à l'école de Balzac.
M. Gay, professeur au collège de Grasse, prononçant, lors de la distribution des prix du 28 juillet 1906, un discours surGodeau, sans avoir lu la thèse de M. l'abbé Gognet, place par erreur l'entrée de Godeau au 21 mars. Il imagine « à la porte du Cours ou de la Rouguière un cortège imposant... la foule en habits de fête... les exclamations des gens qui trouvent l'évêque trop jeune, laid, petit, les mots : Té, vé, péchaire, qui l'escortent par la rue Droite, jusqu'à la place du Petit-Puy... », l'étonnement de Godeau à la vue « des ruelles tortueuses, des courtils enténébrés, des pourtalets surbaissés ». Mais des détails que nous devons à Beaurecueil, M. Gay n'a rien connu, faute d'avoir étudié le livre le plus récent qui parlât du héros de son discours.
Il ne semble pas que Godeau ait prêté un serment devant le chapitre de Grasse en prenant possession de cet évêché. Du moins, il n'en reste pas de traces. Nous verrons qu'il en prononça un devant le chapitre de Vence en décembre i653, lorsque, ayant résigné son premier diocèse, il eut opté pour celui de Vence.
Tisserand s'autorise de l'Histoire de Grasse, écrite par le P. Gresp et possédée1 par les Archives municipales de cette ville, pour dire que « l'intelligente cité fît cortège au nouvel évêque ; qu'il répondit gracieusement aux harangues ; qu'il impressionna surtout son auditoire par l'allo-