Saige, Monaco, p
3. Paris, chez Cardin Besongne, au Palais, en la galerie des prisonniers, aux Roses Vermeilles, lin exemplaire est à la bibliothèque municipale de Nice. - On sait que Venasque, secrétaire d'Honoré II, signa en 1647 une Historica et geneatogica Grimaldae gentis arbor qui est devenue la base officielle de l'histoire de Monaco, donna une forme définitive aux prétentions des Grimaldi, et fit dévier leurs annales de la vérité historique (Saige, Monaco, p. 3a5).
de Louys le Juste, avec le récit de ce qui s'est passé au Parlement en la réception de Msr le Prince de Monaco à la dignité de duc et pair de France » l. Godeau a connu ainsi le prince Honoré II par son portrait sous lequel sont inscrits la devise « Redit spectata libertas » et le quatrain suivant •
Un si faible crayon ne sauroit exprimer La valeur d'un héros que l'art a voulu peindre, Apprends donc que la France a sujet de l'aimer Autant comme l'Espagne a raison de le craindre.
Il a dû lire avec intérêt la dédicace au comte d'Alais -, son protecteur et ami, puis l'avis au lecteur, le sonnet de son ami Georges de Scudéry, un des Quarante, adressé à Venasque Ferriol, le sixain de Pierre du Ryer, encore un des Quarante, et même le « soneto » en espagnol consacré « a la libertad de Monaco ». Surtout la copie et la traduction de la lettre que le prince Honoré II avait écrite au comte de Sirvelo, gouverneur de Milan, en lui renvoyant la Toison d'Or ; le récit de la séance du Parlement où il fut fait duc de Valentinois, marquis des Baux 3, seigneur de Saint-Remv en Provence, comte de Carladez4 en Auvergne, duc et pair de France, le duc d'Enghien 5 étant son parrain au lieu de son père, le prince de Condé G, qui se trouvait souffrant ; enfin l'éloge de Monaco, de sa situation, de son port, de son pa-
i. Cette réception eut lieu, nous l'avons dit, le 19 février i643.
2. <( Au comte d'Alez, chevalier des ordres, colonel-général de la cavalerie légère <le France, lieutenant-général en Provence ».
3. La terre des Baux, en Provence, fut érigée en marquisat et donnée à Hercule, fils de Honoré II (qui mourut 10 ans avant son père, en i652), en indemnité de la commanderie de Galatrava qu'il possédait en Espagne.
k. « Carladois ».
5. Le futur vainqueur de Rocroy, né en 162 1, et qui avait été nommé, en i638, gouverneur de la Bourgogne, envoyé en i64o à* l'armée, puis marié à Clémence de Maillé-Brézé, nièce du cardinal de Richelieu. Le i5 avril i643, il repart pour commander avec le maréchal de l'Hôpital.
6. Henri 11 de Bourbon, mari de Marguerite-Charlotte de Montmorency, et qui mourut en i64fi.
lais. « Au reste, dit l'auteur, c'est le plus beau pays du monde, et les peuples ne le changeraient pas pour l'Arabie heureuse ».
Voici comment les côtes de Provence étaient défendues, en i6^2-i643, pour ce qui est de la région qui nous occupe 4. A la Croisette, il y avait 1 lieutenant, 1 sergent, 26 hommes et 1 canonnier; à Graillon, i5 hommes ; à la citadelle d'Antibes, 1 lieutenant, 2 sergents. 25 hommes ; au Fort Carré, autant; à Lérins, 200 hommes, le gouverneur, 1 major, 1 aumônier, 1 chirurgien, 1 garde-magasin et son jcommis, 1 commissaire d'artillerie, 8 canonniers, 1 salpêtrier et, à titre supplémentaire, 6 compagnies du régiment des Iles 2. Revenons aux affaires qui donnaient tant de soucis à Godeau. D'abord à celles d'Antibes.
Les catholiques de l'ancienne ville épiscopale vivaient dans le désordre; nulle autorité immédiate ; nulles mœurs. A la nouvelle qu'ils pouvaient être annexés à Grasse, ils n'eurent qu'une idée : l'exemption dont les Antibois jouissaient, était un droit imprescriptible, et la réunion au diocèse serait un esclavage {. Les prêtres ne furent pas moins ardents que les fidèles ; quelques particuliers, surtout les consuls, dirigèrent le mouvement. « Je crois », dit une lettre de Godeau à Richelieu, « qu'une lettre du roi, écrite de bonne encre, les pourra remettre en leur devoir. Il est important pour le bien des âmes que l'union que V. Em. a faite, subsiste. Le service même du roi le désire, car ce peuple est étrange » 4. Les protestants d'Antibes donnaient des inquiétudes particulières, tenaient à la liberté spéciale que leur assurait l'état de cette ville, se réunissaient chez un certain Serrât5 où leur ministre, nommé Le Grand, prêchait;