Ibid., 82. Tisserand la date aussi du
4. Témoin, pour le Bas-Berry, un Noël que M. Ghénon a trouvé dans un registre paroissjal de Lourouër-Saint-Laurent, près La Châtre (Indre), et qui est probablement l'œuvre du curé qui fut en fonctions de 1623 à 1670 : ces vers ne respirent ni PafTeclion ni l'admiration que Godeau avait pour Richelieu. Voir Bull, des Antiq. de France, 1910, p. 216.
5. Godeau, Lett., 12b. Tisserand la met en 1 644. L'éditeur ne la date pas.
datée exactement. Mais nous devons la placer entre le moment où le prince fut allé à Perpignan et celui où il se rendit à Paris avec son fils : donc entre juin et novembre 1642. « Il n'y a pas une autre justice pour les princes que pour les particuliers... Il n'est pas permis à un empereur chrétien et catholique de favoriser l'établissement d'une nouvelle hérésie, de piller la ville où est le siège de la foi... ', de tenir captif le Vicaire de J.-C, si ce n'est que, pour l'excuser, on veuille alléguer les processions qu'il faisait en Espagne pour la délivrance de celui qu'il tenait prisonnier. Je ne trouve pas non plus dans l'Evangile les maximes de Philippe II qui entretenait contre un prince catholique la révolte de ses sujets "2, abandonnait la guerre de Flandre contre les rebelles hérétiques et favorisait ceux de France, conquérait le Portugal en tuant tant de religieux à aucun desquels, dit un auteur du temps, il ne pardonna... En dépit de Dieu, qui vous avait fait naître souverain, les Espagnols vous avaient rendu esclave ; Monaco n'était pas votre capitale, mais votre prison ; les soldats qui la gardaient, assiégeaient votre personne ; les vaisseaux qui se sauvaient de l'orage dans votre port, en excitaient un dans votre maison... Vous avez délivré votre maison, quitté un tyran faible, pris un protecteur victorieux. Celui-là, vous donnant une Toison, vous écorchait ; celui-ci vous a donné le Saint-Esprit qui est le Dieu d'amour et de paix. L'ordre de celui-là était une chaîne3; l'ordre de celui-ci est un caractère d'honneur. Votre second voyage à Paris vous fera mieux connaître, et Paris est un
1 . C'est sous Charles-Quint que se produisit la Réforme ; c'est un de ses alliés, le connétable de Bourbon, qui prit Rome et assiégea Clément VII dans le château Saint- Ange
2 . Philippe II encouragea les Guises et la Ligue contre Henri III et Henri IV, chercha à faire nommer sa fille Isabelle reine de France, s'empara, en i58o, du Portugal, dont la possession fut si précaire et la conservation si difficile qu'en i64o Jean IV, de la maison de Bragance, venait de le rendre indépendant et de l'enlever à Philippe IV.
3. Allusion à ce que la Toison d'Or est attachée à un collier de métal, non à un ruban : au contraire, le Saint-Esprit de France se portait au bout d'un cordon bleu.
digne théâtre pour votre vertu... Vous recevrez de bon cœur les livres que je vous envoie '. Encore que votre langue ne soit pas française, votre oreille ne laisse pas de goûter nos vers et notre prose ». Louis XIII, remettant les insignes de son ordre au prince, le 22 mai, dans sa chapelle, lui avait fait remarquer que le roi d'Espagne n'avait jamais donné la Toison d'Or en France, et qu'il lui remettait le Saint-Esprit en Espagne ; que l'échange de cet ordre contre celui qu'il avait renvoyé à Philippe IV, était « assez beau pour rendre », disait-il, « considérable votre aventure et votre qualité » 2. En outre, Godeau qui se tenait, on l'a vu dans ce qui précède, au courant de ce que nous appellerions aujourd'hui le mouvement de la librairie, a dû lire un ouvrage consacré à Honoré II, et dont l'auteur est Charles de Venasque Ferriol 3. Le livre parut en 16/40" et a pour titre (on était prolixe au xvii0 s.) : « La liberté glorieuse de Monaco, ou discours historique de la dignité de ses princes, de leur succession, de leurs exploits, de sa situation, de son esclavage sous le joug de la Castille, et de la parfaite franchise sous la protection
1 . C'est ce qui date la lettre. Le premier voyage du prince avait eu pour but Perpignan : il y avait reçu le Saint- tdsprit le 22 mai 1642. Son premier voyage à Paris, où il s'était rendu avec son fils, créé marquis des Baux, avait eu lieu de novembre 1642 à avril 1648 : il y avait été reçu duc et pair de Valentinois au Parlement de Paris le 19 février. Le second eut lieu sous la régence d'Anne, de la fin de 1646 à la moitié de 1(347. Voir Saige, Monaco, p. 21 5 et 226. — Or, en 1646 et durant les sept premiers mois de 1647, Godeau fut,à Paris : il n'aurait donc pas eu besoin d'envoyer au prince, à Monaco, et de Paris où notre évêque était depuis avril i645, des livres qu'il pouvait lui remettre personnellement. Je place donc cette lettre en 1642, entre juin (date où il revint de Perpignan à Monaco) et novembre (date où il partit pour Paris).