‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 186 sur 242 · Prévôt du chapitre de Nice (Gailia · texte numérisé non relu

Prévôt du chapitre de Nice (Gailia

2. La date ordinaire des convocations était le 25 mai. M. Gognet dit (p. 119) qu'elle s'ouvrit le 23.

3. Le volume des Proc.-verb. de l'assemblée de 1 645-6, publié à Paris, chez Vitré, en 1647, est rare. M. l'abbé Gognet l'a consulté. Je me suis reporté au tom. III de la réédition des Proc.-verb. des ass. du clergé donnée par Desprez, en 1769, sous la direction de l'évêque de Màcon.

4. Parfois l'Assemblée générale siégeait à l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés.

évêque y joua un rôle, d'autant plus important qu'elle s'occupa de très graves questions '.

L'ouverture des Assemblées se faisait solennellement, sous la présidence du plus ancien des évêques : c'est le cardinal Alphonse de Richelieu, archevêque de Lyon, qui ouvrit celle-ci. On élisait les présidents, trois en moyenne, et d'habitude l'archevêque de Paris en était un. On nommait des présidents d'honneur ; on avait eu Richelieu, qui d'ailleurs n'était pas venu à une seule des séances 2, et l'on eut Mazarin. A l'ouverture et à la clôture de la session, une grand'messe était célébrée. A chaque séance, une messe basse était dite, et les évêques y assistaient en rochet et en camail, comme ils siégeaient dans la salle des réunions. Quand le bureau était élu et les pouvoirs vérifiés, une messe du Saint- Esprit était dite, et il y avait communion générale.

Des trois ordres de l'Etat en France, sous l'ancien régime, le clergé est le seul qui ait su se donner une organisation autonome régulière et permanente pour ses rapports financiers avec la royauté et qui ait réussi à la garder pendant plus de deux siècles jusqu'à la Révolution. Ce principe du consentement à l'impôt, origine pour les nations de leurs libertés politiques, a été pour le clergé la source de nombreux avantages spirituels et temporels, qu'il s'est fait accorder et conserver en échange de ses dons gratuits. C'est sous Louis XIV que le fonctionnement de cette organisation a été le plus régulier 3.

Il convient de rappeler que ce n'était pas une petite affaire d'être député à ces Assemblées. Si une indemnité moyenne de i5 iiv. par jour était garantie, d'autre part ces comices quinquennaux, selon le mot d'Alfred Maury, ne devaient pas durer plus de trois mois, et, selon le règlement de 1625, les

1 Voir Alfred Maury, Rev. des Deux-Mond., i5 sept. 1879, p. a65 à 276 et i5 février 1879, p. 754 et suiv.

2. Il avait pour l'Assemblée, dit Maury, « une considération plutôt apparente ».

3. Voir le, livre d'Albert Gans, Organis. financ. du clergé de France à l'époque de Louis XIV.

Assemblées décennales ne devaient pas durer plus de six. Au-delà de ce terme, les députés séjournaient à leurs frais. Or, nous verrons que les deux Assemblées où Godeau siégea, durèrent, celle dite de i645, du 29 mai i645 au 28 juillet 1646, soit quatorze mois, et celle dite de i655, du 26 octobre i655 au 23 mai 1657, soit dix-neuf mois. L'une et l'autre de ces Assemblées protestèrent contre la convention que le clergé de France avait passée avec l'Hôtel de Ville de Paris ei> i56i et 1667, et qu'il avait lieu déjuger onéreuse *.

L'Assemblée de i645 ne pouvait s'ouvrir sans que la pensée de ses membres se reportât vers celle de i64i, où, dit Maury, Richelieu avait vaincu l'opposition des archevêques de Sens et de Toulouse, mais sali son succès par son arbitraire, par l'expulsion de ces prélats et des évêques qui s'étaient rangés à leur avis, et par les violences sans exemples qu'avait exercées Michel Particelli, sieur d'Emery. « Cette blessure faite à l'Eglise n'était restée ouverte et saignante que quelques mois. En devenant plus docile aux exigences de la Couronne, l'Eglise gallicane perdait », dit encore Maury, « de son autorité religieuse ».

Autant l'Assemblée de i64i avait été tumultueuse, pleine de cabales et de menées, dit le procès-verbal, autant il y eut de sagesse, de prudence et de lumière dans celle de i645 : le récit en est donné comme un des plus instructifs et des plus intéressants, une espèce de traité abrégé de toutes les matières spirituelles et temporelles. Montchal et Godeau s'y firent remarquer. C'est après le récit de celui-là qu'on révisa ce qui s'était fait à Mantes.

Le 3o mai i645, Godeau est un des commissaires chargés, ainsi que l'archevêque de Bourges, Pierre de Hardivilliers, de régler un différend relatif à la province de Narbonne. Mais le n juin, l'archevêque fit savoir que l'évêque de Grasse était malade et qu'il n'avait pas cru devoir faire le rapport demandé ; l'Assemblée décida que si, le i3, Godeau était encore indisposé, l'archevêque et les autres commis-

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