‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 195 sur 242 · Gognet : « le · texte numérisé non relu

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2. Ant. de Lantenay, op. cit., p. 4i, d'ap. les Proc.-verb. des Ass. gèn. du Clergé, tom. III, p. 264 sq. et d'ap. les Mémoir. du Clergé, tom. III, p. g36 sq.

auprès du premier Président pour que les parlements n'empiétassent pas sur la juridiction ecclésiastique.

Nous avons vu ce que notre évêque fît dans l'Assemblée. Reste à voir ce qu'il fit en dehors de celle-ci, et non plus comme' député de la province ecclésiastique d'Embrun.

Ce qui est sûr, c'est que Godeau voulut se défaire de Vence et qu'il écrivit dans ce sens à Mazarin. M. l'abbé Cognet a retrouvé l'original de cette requête, datée — le jour, le mois et le lieu manquent — de i645 '.

Il y rappelle la « grâce très signalée » que Richelieu lui avait faite en demandant que lévêché de Vence fût réuni à celui de Grasse, g comme il avait été autrefois ». Il dit que l'union avait semblé à Richelieu « nécessaire à cause du peu de revenu de chacun : ayant été lui-même dans la fonction de l'épiscopat, il savait par expérience que les prélats nécessiteux ne peuvent faire leur charge qu'à moitié ». Il proclame « tant de bontés » dont Richelieu Favait comblé et dont il voulait conserver « une éternelle reconnaissance ». Après la mort de Louis XIII, « plusieurs personnes jetèrent les yeux sur ce petit évêché, et la reine me fit la grâce de dire souvent qu'elle voulait que les intentions du feu roi fussent exécutées » ; Mazarin s'y prêta et écrivit à Rome « afin de faciliter mes expéditions », autrement dit l'expédition des bulles de l'évêché de Vence et de l'union des deux diocèses. Ce n'est qu'après « une longue poursuite et de grandes dépenses » quelles furent obtenues. Au moment où Godeau croyait v aller faire sa charge à Vence », il vient de se heurter à des oppositions : « non pas de la plus grande ni de la meilleure partie du diocèse, mais de quelques particuliers mal affectionnés de Vence, gagnés par des personnes qui croyaient ridiculement profiter de ma dépouille. Ils mont suscité un procès au Grand Conseil qui m'a retenu un an tout entier contre ma volonté et avec une grande dépense ». Qu'en est-il sorti ? « Un arrêt provisoire qui m'en fait espé-

i. Il est le premier à avoir fait connaître ce document tiré des Archives du Ministère des Aff. Etrangères, France, 1710, fol. 3i2.

rer un final à mon avantage... Mais l'affaire traîne et m'oblige à des dépenses que je ne puis porter... Je ne rends pas à ce diocèse de Yence tous les services que je voudrais ». En conséquence, il désire remettre aux mains de Mazarin « le bien que j'ai reçu de ce grand cardinal dont V. Em. occupe si dignement la place » ; ce qu'il appelle ensuite « un bienfait qu'on m'a donné comme nécessaire pour ma subsis tance, et non pas comme superflu ».

Mazarin ne fit cependant rien, alors du moins, pour hâter la rupture, souhaitée par Godeau dès i645, de l'union que celui-ci avait appelée de tous ses vœux quelques années auparavant. Il chargea le lieutenant-civil de Grasse d'ouvrir une enquête de coinmodo et incommodo et décida que Godeau jouirait pleinement, jusqu'à ce que les résultats en fussent connus, des revenus de l'évêché de Vence1.

En outre, un arrêt du Grand Conseil, daté du 4 décembre i645 2, donna provision à « l'évêque de Grasse et de Vence » de se mettre en possession de l'évêché de Yence. « Les empêchements et refus faits, le 22 novembre i645, en cour de Rome, par les officiers de la componende de lui délivrer les bulles sur la signature d'union qui lui a été accordée, le 8 décembre i644, par S. S., de l'évêché de Yence à celui de Grasse, qu'il n'ait payé pour l'une et l'autre église, lui valent titre à l'effet de prendre possession de l'évêché de Yence » : le roi l'y autorise donc.

Plus de sept ans se passeront avant que Godeau puisse résigner un de ces deux diocèses.

Le i4 décembre i645, Godeau, étant à Paris, donne par devant les notaires au Châtelet Drouyn et Motellet, venus à son domicile, « rue de Lorraine, marais du Temple », à Jean Fulconis, vicaire de La Gaude, procuration à l'effet de prendre en son nom possession de l'évêché de Yence 3.

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