‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 205 sur 242 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

10. Ibid., d'ap. Ms. Conrart, t. XXII des in-4°, p. 852, vers inédits que signale M. Magne.

Les conseils de Godeau furent enfin écoutés. Au cours de Ces séances de l'Assemblée générale de i6/i5-i646, où son rôle, nous le répétons, fut considérable, l'évêque de Grasse et de Vence maria, le 4 juillet i645, à RueiL dans la maison de la duchesse d'Aiguillon, Julie-Lucine d'Angennes, — dont il avait été, dix ans auparavant, « le nain », — et le marquis de Montausier1, alors gouverneur et lieutenant général en Saintonge, Angoumois et Haute-Alsace. Il leur envoya, dit Tisserand, « un épithalame où 1 on retrouve un souffle de Port-Royal » 2. Ce n'est pas Godeau, mais, je crois, son collègue d'Amiens. Mgr Lefèvre de Gaumartin 3 qui avait converti au catholicisme Charles de Sainte-Maure, marquis de Montausier, maréchal des camps et armées lors de son mariage 4. M. Cognet rappelle, à ce propos, le madrigal de La Tulipe dont nous avons parlé plus haut. Après le mariage,

i. C. d'ap. Jal, quia fait connaître la permission inscrite sur les registres paroissiaux de Saint-Germain-l'Auxerrois et la transcription de l'acte dressé par Godeau le 4.

On connaît la lettre de Balzac à Montausier, datée du 25 avril i645 : « Il faut que la Vittoria Golonna de notre siècle achève votre félicité. . . vous avez été choisi dans le secret de la Providence... tua tua erit, et sua te propter esse desinet : tu certe dignus eo quem ipsa Minerva prœferat et virginitati et sibi.

2. J'ai parlé dans l'introduction de ce tome, du second volume que M. Magne a consacré à Voiture et que j'ai lu trop tard pour qu'il fût cité dans mon tome II, dont l'impression était très avancée Je répète du moins ici que je ne goûte pas du tout la phrase caricaturale où le brillant écrivain dit (p. 3 1 4) qu'on vit, le jour du mariage de Montausier et de Julie d'Angennes, « le nain trépidant et fol, coiffé de la mitre, portant la crosse d'or, revêtu de la robe violette ».

3. Faure, d'ap. l'édit. des 0. fun. de Fléchier, qui prononça l'oraison funèbre de Montausier. Mais François Faure, qui fut évèqued' Amiens de i653 — donc postérieurement au mariage de Montausier — à 1687 et qui l'avait été d'abord de Glandèves du 7 mars i65i au 7 mars i653, n'avait pu convertir Montausier que lorsqu'il était un simple capucin. Or, Fléchier dit que Montausier abjura le protestantisme « sous la conduite d'un grand prélat ». M. Magne dit (Voiture, t. If, p. 3 10) que ce fut le P. Faure, général des Génovéfains et prédicateur de la reine-mère.

4. Montausier devint lieutenant-général en Normandie, pair de France, duc et gouverneur du Dauphin.

Godeau adressa à l'époux de « la princesse Julie » une longue épître où il lui conseillait de renoncer aux armes, de jouir de « l'estime parfaite » que la Cour lui accordait, et de ne plus se livrer

A ce métier sanglant où préside l'horreur : Et, si tu veux nourrir une noble fureur, Que ce soit la fureur des divines pucelles Dont tu connais si bien les beautés immortelles.

Ces vers furent insérés dans les Poésies chrétiennes et morales que Godeau, étant évêque de Vence, fit paraître de 1660 à i663. L'Assemblée générale de i645-i6/j6 n'avait pas encore clôturé ses séances, lorsque les Montausier eurent, le 21 juillet 1 646, une fille qui ne fut baptisée que le 16 juin i653 : elle eut alors pour parrain le maréchal Antoine de Grammont, pour marraine la nièce de Richelieu, Anne de Vignerot, duchesse d'Aiguillon, chez qui le mariage avait été célébré par Godeau. Cette fille de Montausier et de Julie d'Angennes eut un assez joli esprit d'enfant. Tallemant des Réaux en a conservé trois traits qui méritent d'être rappelés, puis qu'ils concernent Godeau.

« On amena un renard chez le papa de M,le de Montausier '. Ce renard était à M. de Grasse2. Dès qu'elle l'aperçut, elle mit ses mains à son collier. On lui demanda pourquoi : « C'est de peur », dit-elle, « que le renard ne me le vole : ils sont si fins dans les fables d'Esope » . — Quelque temps après, on lui disait : « Tenez, voilà le maître du renard : que vous en semble? » — a II me semble », dit-elle, « encore plus fin que son renard ». Elle pouvait avoir six ans3 quand M. de Grasse lui demanda combien il y avait que sa grande poupée avait été sevrée. « Et vous, combien y a-t-il », lui ditelle, « car vous ri êtes guère plus grand » 4.

1. « Elle n'a encore que onze ans s>, ajoute l'auteur de cette historiette qui mourut en i658. Donc il écrivit en 1657.

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