Sic
3. Duvergier de Hauranne avait été arrêté le i4 niai 1 638 et enfermé à Vincennes, d'où il ne sortit que le 7 février 1 643. Ses Lettres chrétiennes et spirituelles venaient de paraître en i645.
4- G. d'ap. Arnauld, OEuvres, Paris et Lausanne, in-4% tom. XXX, p. 182.
« Aurelius » était si pleinement loué par Godeau que les Jésuites ripostèrent par des pamphlets à ces tirades de notre évêque, dont voici le titre : « Petro Aurelio theologo, veritatis amatori acerrimo, hierarchiae vindici justissimo, episcoporum defensori invictissimo, elogium generalis cœtus Gallicani Patres congregati anno MDGXLVI scripsere » l. L'un de ces factums critiquait « en des pages indignes », dit M. Cognet, — « avec du fiel plutôt qu'avec de l'encre », écrivit Hermant 2 — les poésies de Godeau et attaquait ses mœurs 3. Ge factum était, ajoute Hermant, « un ouvrage de ténèbres... dans lequel les Jésuites n'épargnèrent ni les injures ni les railleries pour déshonorer M. de Vence 4.
M. Gognet n'en a pas parlé avec assez d'exactitude. La première partie du pamphlet porte sur la question de savoir si Godeau était capable d'écrire V Elogium. Elle prend la forme d'une lettre adressée par un certain Paulus Romanus à un certain Gandidus Hesychius. Le titre en est : « Antonius Godellus, episcopus Grassensis, an Elogii Aureliani scriptor idoneus ? » Elle se divise en deux chapitres : le ier, quam prudenter Elogium Aurelianum Antonius Godellus scribendum susceperil ; le 2e, quam perite scripserit. Elle met donc en doute et ses connaissances de théologien (voilà pour le fond) et son talent d'écrivain (voilà pour la forme). La fin est : « vole : i3 cal. sept 16/16 ». Le pamphlétaire insinue que notre évêque a consacré quatre mois à son Elogium5.
La seconde partie du pamphlet roule sur le problème de savoir si Godeau était poète. Elle prend la forme d'une lettre de Gandidus Hesychius à Paulus Romanus. Le titre en
1. L' Elogium ne comprend que 3 pages de la réédition de i65o du pamphlet dont nous allons parler, du P. Vavasseur.