Selon l'ordre du prévôt de Paris daté du
(( Que les censeurs, que les envieux, si je suis assez considérable pour en avoir, non seulement mettent en question si je suis poète, mais prononcent souverainement que je ne sais pas les premiers éléments de la grammaire... je ne m'en tourmenterai pas »). De même dans la préface de ses Fastes qui ne furent imprimés qu'en 167/i, deux ans après sa mort : « Dans ma jeunesse, je n'ai jamais aspiré à la réputation de faire de beaux vers, ni au nom d'excellent poète ; ceux qui se sont efforcés de l'ôter par leurs libelles se sont trompés ».
Godefroi Hermant, l'auteur des Mémoires que Ton connaît, venait d'être nommé recteur de l'Université au commencement d'octobre i646 : il fut heureux du mandement de l'archevêque de Paris contre le libelle de 1646 et de la sentence par laquelle le prévôt de Paris l'avait condamné « à être brûlé par les mains de l'exécuteur de la justice ; il en fit une partie du sujet du premier discours qu'il prononça en décembre (1646) dans l'église des Mathurins ; il peignit de toutes ses couleurs l'entreprise si téméraire des Jésuites qui avait excité une indignation publique dans tout le royaume1 ».
L'abbé d'Artigny, dans ses Nouveaux mémoires d'histoire, de critique et de littérature qui parurent à Paris de 17^9 à 1756, estime que Godeau eût mieux fait de ne pas relever les attaques du Jésuite. « Une plainte, quoiqu'on tâche de la tourner avec une espèce de modération, fait toujours apercevoir trop de sensibilité :
Et quiconque se plaint, cherche à se consoler2 ».
Godeau semble avoir conservé, nous ne dirons pas de la haine, mais de la défiance à l'égard de la Société de Jésus. Un partisan de Port-Royal, si nous en croyons YHistoire ecclésiastique de l'abbé Bonaventure Racine 3, un janséniste