Godeau, Lett., 89. Cité en partie par M. l'abbé Cognet
en la puissance que de Celui dont nous sommes les ministres. )>
Le 16 juin i6£6, Jean de Grasse-Cabris, qui avait résigné à Godeau, le ier février 16/io, la vicairie apostolique d'Antibes, sous réserve d'une pension de 45o liv., transmet une demande des Antibois qui voulaient une collégiale de 6 chanoines prébendes par le chapitre de Grasse. Godeau refusa. « Si telle est l'idée de M. de Cabris, l'église de Grasse n'a rien à y voir. C'est à ceux qui demandent la collégiale à en faire la dépense » *:
Le 23 juillet, de Paris aussi, Godeau envoie au même évêque qu'en mai une lettre relative à ceux qui font leur cour pour obtenir des grâces et des bénéfices 2. « Je suis presque ermite dans cette grande ville, et n'ayant ni commerce avec la cour, ni curiosité, je ne sais rien de ce qui se passe ou fort peu de chose. Mes maximes ont toujours été de connaître fort peu de gens et de converser encore avec moins. Ma condition 3, mon âge 4, le changement de cour 5 m'obligent à être plus retiré. Je suis un fort mauvais faiseur de gazettes. J'admire quelques-uns de nos confrères qui, tous les jours régulièrement, vont se montrer dans une antichambre, où les éperons déchirent leurs soutanes... Une porte fermée me choque tellement l'imagination que je suis longtemps à me remettre. Un garde, une casaque, une carabine me dérèglent l'esprit 6... Je suis le plus méchant esclave du monde et le plus né à la liberté... Si j'avais faim, on me ferait plaisir de me donner du pain ; mais je n'aimerais pas qu'on me le trempât dans la boue, ou qu'en me le jetant à la tête, on me fît une bosse ».
i. Marquis de Grasse, Annal, de Prov., mars iqii, p. ioo, d'ap. Tisserand, Ant., p. 428.