Frère de saint Jacques le Mineur
[\. Vigouroux, Liv. saints et crit. ration., t. IV. Paris, 1890.
5. Mangenot, art. Epitres dans le Dict. de théol. cath. de Vacant et Mangenot.
6. G. d'ap. dom Liron, Singul. histor. et littér. tom. I, p. 323.
Godeau ne s'attarda pas à Mézières. « Il est de retour de Dreux », écrit Chapelain dès le 28 juin à Gonrart qui était à Bourbon l'Archarnbault, « plus tôt de i5 jours qu'il ne pensait pour servir en une affaire d'importance, chrétiennement, une personne qu autrefois il eût servie dans des mouvements bien contraires ». Cette phrase obscure, Tamizey de Larroque l'a expliquée : il s'agissait de MIle Paulet, à qui Godeau avait donné, en ses années profanes, toute sa tendresse, dit l'éditeur des Lettres de Chapelain, et ne donnait plus, dans sa vie chrétienne et épiscopale, que toute sa charité. Ou plutôtil s'agissait du trop fameux cousin delalionne, l'abbé de Croisilles.
Revenons à la lettre du 28 juin. « M. de Grasse se porte extrêmement bien », ajoute Chapelain, « et vous désire fort ici, disant que, puisqu'il n'a plus que trois mois à demeurer ici1, vous n'en sauriez être dehors un jour sans lui faire le plus grand tort du monde. Il a achevé ses « Lettres » canoniques. Il fallait dire « Epitres », mais ce qui est écrit est écrit 2. J'avais dans l'esprit la lettre qu'il mettra au devant du second volume des Œuvres chrétiennes, que nous lûmes hier avec attention et esprit de censure. Elle n'est pas longue et pleine de beautés, mais de ces beautés graves qui sentent bien la dignité qu'il porte et qui plaît sans affectation. Je n'ai rien vu encore de lui si judicieux et si plein 3. Sur le chemin de Dreux, il fit 2 ou 3 psaumes en se curant les dents, ne sachant que faire. II nous les garde pour les lire ensemble à votre retour 4 ».
« M. lévêquede Grasse », écrit Chapelain àConrart le 4 juil-
1 . Nous verrons qu'à la fin de septembre Godeau se rendit à A.miens pour y saluer le cardinal de Richelieu et qu'à la fin d'octobre il partit pour Grasse.
2. La Paraphrase des Epitres catholiques parut en i64o chez la veuve Gamusat. C'est l'ouvrage que Chapelain se promettait de lire avec tant de plaisir.
3. « Le second volume des Œuvres chrétiennes » ne parut qu'en i64i. La lettre que Chapelain admire si fort, est la dédicace à Richelieu.
4. La seconde partie des OEuvres chrétiennes de Godeau contint en effet 1 7 nouvelles paraphrases .
let, « est si ennuyé de votre éloignement i qu'il s'en pensa plaindre avant-hier en public dans la chaise - de la Visitation 3. étant sur l'article de ceux qui manquent à leurs amis au besoin... Vous nous manderez », écrit Chapelain le 5 septembre, à Conrartqui, ayant quitté les eaux de Bourbon, était à sa campagne de Jonquières, « si M. l'évêque de Grasse aura besoin de vous aller dire adieu dans votre séjour en Picardie 4 : il parle toujours de partir au mois d'octobre ». En juin i64o 5, il apprend qu'une épidémie inquiète la Provence et adresse à ses diocésains une lettre pastorale qui vaut la peine que M. Cognet l'ait reproduite en partie. « Je soupire après mes rochers et ma solitude ». disait-il. « Je sais que le devoir d'un bon pasteur est d'exposer sa vie en des rencontres pour le salut de ses brebis, et qu'une marque du mercenaire est de craindre la mort et de s'enfuir... Je porte avec déplaisir la malheureuse nécessité de demeurer encore quelques mois en cette ville ». Le bruit de la mort de l'évêque avait couru à Grasse et excité de vifs regrets. « L'amitié dont vous m'avez donné des témoignages depuis peu, lorsque, ce bruit étant universellement cru, il n'y avait plus d'espérance ni de crainte qui pût causer vos regrets et vos larmes,... le désir de mon retour que vous me faites connaître si ardent, l'obéissance que vous avez toujours rendue à ce que j'ai ordonné pour votre salut, la grande disposition de piélé qu'il a plu à Dieu de vous inspirer, tout me presse de vous aller retrouver, afin d'arroser ce que j'ai planté ». Il finissait par des conseils inspirés de la lecture de saint Paul dont il continuait, nous l'avons dit, à paraphraser les Epîtres. Cette belle Lettre Pastorale fut imprimée par
i. Conrart était aux eaux de Bourbon -l'Archambault.