Ev. de G/'., G. 3g
li, On sait qu'il s'agit d'un hymne de Godeau « sur l'oblation du roi et du royaume à la Très Sainte Vierge ». Ce morceau parut en effet dans « la seconde partie » dont parle Chapelain.
5. Cette seconde partie parut en i64i : voir le chapitre suivant.
cet ouvrage sacré qui doit accomplir le volume de vos Epitres. » La lettre que Chapelain envoya à Gonrart le 28 juin — donc onze jours après qu'il eut adressé celle-ci à Godeau — prouve qu'il s'agit de la Paraphrase sur les Epitres catholiques qui parut en i64o.
Rappelons que les Epitres catholiques { forment un autre groupe que celui des quatorze Epitres de saint Paul. Ge sont sept lettres écrites par quatre apôtres, une par saint Jacques le Mineur -, deux par saint Pierre, trois par saint Jean l'Evangéliste. une par saint Jude 3, et que ces apôtres destinèrent à être lues dans toutes les églises : d'où l'épithète qu'on leur donne. Elles réfutent les hérésies naissantes du faux Messie, Simonie Magicien, des ébionistes (les ebionim, qui vivaient dans l'indigence, reconnaissaient Jésus pour le Messie, mais niaient sa divinité), des nicolaïtes (qui, semblables aux gnostiques en certains points, déclaraient d'autre part que les pires débauches étaient licites), et des faux docteursqui, abusantdes expressions de saint Paul, enseignaient que la foi sans les œuvres suffit pour le salut 4. La tradition ecclésiastique regarde celles des saints Jacques, Jude et Pierre comme des circulaires, tandis que pour celles de saint Jean, la première est une sorte de préface du quatrième évangile, la seconde et la troisième, de simples lettres 3.
Chapelain ajoute dans la lettre qu'il adressa le 17 juin à Godeau, qui était au château de Mézières : « Jouissez de vos Champs-Elysées et regardez-nous de là avec quelque pitié, errants comme sur les bords de quelque autre Achéron ». Il semble qu'il ait retrouvé 6 dans ce château Rotrou, son compatriote et son cadet de quatre ans, et qu'il lui ait conseillé de christianiser sa Muse, jusque-là quelque peu païenne.