‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 237 sur 242 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

manière » et possible « qu'on ne m'ait fait quelque mauvais office auprès de la reine et de M. le cardinal ». Godeau prie Chavigny de leur faire savoir que, s'il était resté à Paris jusqu'au 12 juillet 1647, c'est que le procès « doit être jugé vendredi l, et après, j'avais résolu de m'en aller. Je sais qu'on aurait bien attendu encore huit jours. Mes amis m'ont conseillé d'écrire à M. le cardinal... sans demander du délai, je suis en chemin... Je ne crains rien, ayant la satisfaction de ma conscience ».

Il écrivit aussi à Mazarin, qui lui répondit d'Amiens par un billet"2 que M. Cognet aussi a fait connaître. Le cardinal assurait l'évêque que depuis longtemps il le tenait pour un de ses amis ; « l'ordre qui fut donné, il y a quelque temps, pour la résidence de MM. les évêques, procède d'un pur mouvement de piété de la reine » ; Mazarin offrait de demander à Anne d'Autriche la permission nécessaire pour que Godeau pût continuer à rester à Paris.

Mais l'évêque était en route, et Conrart avisa Félibien 3, secrétaire de notre ambassadeur à Rome, de son départ, le 19''. M. Cognet a appelé l'attention sur un curieux passage des Mémoires de Mme de Motteville : « L'évêque de Grasse, qui adonné à notre siècle, par ses beaux ouvrages, des marques de sa piété et de la beauté de son esprit, reçut, pour quelque dégoût que le ministre eut de lui, commandement d'aller résider dans son évêché ; ce qui ne devait pas déplaire à un homme de bien comme lui, ni être tenu pour un commandement injuste, étant fait de la part d'une reine chrétienne, aussi pieuse que la nôtre ». On sait que Mmede Motteville raconta de 161 5 à 1 643 par ouï dire, de 1 643 à 1666 de visu, ce qu'elle appelle « la comédie de la Cour », et qu'elle fut toute dévouée à Anne d'Autriche. « Elle voyait

1. Le i3 juillet 1647, jour où Godeau écrit à Ghavigny, était un samedi. Le procès devait donc être jugé le 19.

Page 1