G. d'ap. Conrart, .Lett. famil. à Félibien, Paris
avec peine, tous les jours, tant d'évêques, à Paris, ne songer qu à se divertir et à faire bonne chère aux gens de la cour l » .
Cette fois, Godeau retournait à Grasse tout autrement qu'il n'y était allé dans l'été de 1637, en compagnie de M. de Beaurecueil, autrement qu'il n'y était revenu à l'automne de i64o. S'il considérait les collines de Grasse, vues par les yeux de l'imagination et du souvenir, comme « une retraite fleurie de jasmins et couronnée d'orangers », il pouvait dire cette fois, mieux que dans certain rondeau qu'il avait écrit avant le mariage de Montausier, qu'il y était « ramené par le nez ». S'il avait choisi l'ancre pour en parer son blason épiscopal et montrer qu'il voulait, à la différence de tant de ses confrères de l'épiscopat français d'alors, ne pas s'absenter de son diocèse, Mazarin l'avertissait, avec une énergie à laquelle Godeau dut être d'autant plus sensible que le cardinal lui prodigua ensuite les termes de l'amabilité la plus perfide, qu'il était temps de quitter Paris et d'aller « jeter l'ancre » au bord de la Méditerranée.
Godeau n'était pas revenu à Paris sans que Ton y sût déjà « le zèle apostolique et l'humilité chrétienne que l'ancien émule de Voiture montrait dans les nouvelles fonctions dont il avait été pénétré » 2.
11 repart ; Voiture meurt en 16/183 ; si son rival d'autrefois gardait, du moins tant qu'il fut à Grasse, ses relations avec l'hôtel de Rambouillet, « mais graves, austères, au point de ne plus porter ombrage à l'âme du rond », désormais il n'aura plus lieu d'être le concurrent de Voiture. Ses Poésies chrétiennes, dont l'achevé d'imprimer est de mars 1646, excitaient, dès le 20 novembre, l'admiration de Balzac qui lui décernait « la couronne de Parnasse », le comparait à Orphée et écrivait subtilement que son évêché (de Grasse)
1. G. d'après M"" de Motteville, Mémoires, Paris, Charpentier, 1878, torn. I, page 359.
2. Bourciez, dans le tome IV de VHist. de la lang. et de la litt. franc., publiée sous la direction de Petit de Julleville, p. io3.