‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 38 sur 242 · Voir le commentaire de Tamizey de Larroque · texte numérisé non relu

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2. Balzac aurait pu se comparer sur ce point à Montaigne. Cloué à un rocher du Caucase, Prométhée avait « la colique » en ce sens que l'aigle de Zeus rongeait son foie sans cesse renaissant, et le géant Tityos, en ce sens que, dans le Tartare, deux vautours le lui déchiraient continuellement. Balzac souffrait alors, on le voit, de coliques hépatiques.

3. Pâques avait été le 8 avril : c'était donc le mardi avant la Pentecôte. A. Eu. de Gr., n5, f° 1124. Présents : Bernard, le chanoine L. Matty,

économe et dom André Lenfant, cellerier de Saint-Honorat (Mauriste),

quième le 6 septembre, dans la maison du grand-vicaire *, sa sixième le 29 octobre, dans la salle de l'évêché2, et sa septième le 7 novembre, dans le même endroit 3. A. celle-ci, il fut exposé que les syndics généraux du clergé de Provence avaient écrit, le 21 octobre, à l'évêque de Grasse et aux syndics de ce diocèse pour les avertir que, afin de contraindre les prêtres à déclarer les biens unis à leurs bénéfices et à payer les droits, une assemblée générale du clergé de Provence se réunirait à Aix, le 11 novembre, et qu'ils feraient bien d'envoyer un député. On délégua le prévôt Ailhaud, à qui l'on donna 5 livres par journée d'absence, « pour aller, séjour et retour ». Je suppose que Godeau revenant de Paris, se trouva à l'Assemblée d'Aix.

Il semblait que de grands événements fussent sur le point de s'accomplir près de la Provence 4. En i64o, Richelieu rêvait d'attaquer Nice et Villefranche ; mais de nouveaux différends avaient éclaté, entre le comte d'Alais et Sourdis, l'archevêque-amiral. Jaloux de ce que celui-ci aurait pu faire, le gouverneur prétextait la peste et retenait ses troupes ; le prélat répétait dans ses lettres qu'il n'y avait pas d'épidémies sérieuses. Le 5 février, Louis XIII avait écrit de Saint-Germain-en-Laye au gouverneur de s'enten-

syndics nés, le sacristain B. Matty et le prieur de Châteauneuf, M Hugues, syndics modernes, les prieurs d'Opio et Cabris, de Biot, de Saint-Ambroise, Etienne Lantelme, prieur du Bar, et G. Jean, vicaire de Gourdon. Voir celles de i636 et 1637.

1. Ibid., f 126. Présents : Bernard, L. Matty, dom Lenfant, B. Matty, S. de Lombard, archidiacre, M. Hugues, prieur de Châteauneuf, syndics modernes, les prieurs d'Opio et Cabris, du Bar, de Saint-Ambroise.

2. Ibid., f° 129. Présents : Bernard, L. Matty, dom « Jacinte » Fradet, prieur de Saint-Honorat de Lérins, syndics nés, le prévôt A. Ailhaud, le sacristain B. Matty, syndics modernes, les prieurs d'Opio et Cabris, du Bar, de Biot.

3. Ibid., f° 1 37 et 121. Présents : Bernard, L. Matty, A. Ailhaud, B. Matty. syndic, S. de Lombard, les prieurs d Opio et Cabris, du Bar, de Biot, de Saint-Ambroise et le vicaire de Gourdon.

4. Pour ce qui suit, nous renvoyons à la Corresp. de Sourdis, publiée par Eugène Sue dans les Doc. inéd., t. Il, 1839, et aux Lett. de Rich., publiées par Avenel dans le même recueil, t. VII.

dre avec Sourdis ; le 22 mars, au trésorier de Provence de payer les troupes suivant l'ordonnance de celui-ci. Le 23, Richelieu envoyait de Rueil à Sourdis une instruction pour la campagne de 16/io, lui recommandait de « découvrir les moyens de faire l'entreprise de Nice et de Villefranche et de vivre en bonne intelligence » avec Alais et prévoyait notamment le cas où « le cardinal de Savoie » traiterait. On avait tous les renseignements voulus. Le baron d'Allemagne ' envoie un « état de Nice » où nous remarquons, entre autres, le fait qu' « un gentilhomme, nommé Lamalle, qui dit avoir demeuré longtemps dans le château de Nice et connaît les environs », insiste sur ce que cette forteresse est « minable du côté de la ville, étant un rocher pourri ». Ce gentilhomme, que Tamizey de Larroque n'a pas identifié, était Antoine de Grasse, fils d'Annibal.de la branche directe, et descendait de Rodoard à la 18e génération "l. En outre, le capitaine Roux, de Saint-Tropez, adresse des renseignements sur Nice et la région : puis, en juin, Bidaud, résident de France à Gênes. D'après lui, Nice ne fait aucune fortification nouvelle ; la population déteste le cardinal Maurice, qui a même failli recevoir un coup de mousquet ; la garnison, composée « d'Italiens, de Napolitains, de Niçois et de quelques Espagnols, n'a ni ordre, ni cœur, ni vivres » ; rien de neuf ni à Montalban ni « à Morgues », c'est-à-dire à Monaco, si l'on travaille à Villefranche et à « Saint- Suspir », c'est-à-dire au cap Saint-Hospice. C'est pourquoi le 20 juillet, Sourdis, qui était à Sainte-Marguerite, espère

1. Jeanne de Grasse, sœur d'Annibal, avait épousé en premières noces Nicolas du Mas de Castellane, baron d'Allemagne, le 20 mars i58o, au Bar; leur fils Jean-Louis fut général des galères de Savoie et chevalier de l'Annonciade.

2. On l'appelait « M. de la Malle ». Nous dirons ailleurs qu'il fut tué à Àix, en 1649, tandis que, sur l'ordre du comte d'Alais, il traversait les émeutiers de cette ville et se rendait auprès de la femme du gouverneur pour la défendre. Il était, en i64o, lieutenant-colonel au régiment de Castillas (documents des Archives du Bar que M. le comte de Grasse a bien voulu me communiquer).

Godeau II 3

prendre Nice vers la fin de septembre. On sait que Richelieu avait essayé d'attirer à la France Thomas, si acharné contre nous, et Maurice, un Augustin déchaussé, le P. Archange de Lisle, que Mazarin, toujours bienvenu de la maison de Savoie et attaché à la politique de Richelieu, recommanda au cardinal-prince, agit en faveur de la France, vint à Nice le i3 janvier i6/io et en repartit pour écrire le 18 à Ghavigny que Maurice de Savoie était « sans résolution ». Tout cela rendait les projets de Sourdis bien dangereux.

Les audiences de la cour spirituelle de Grasse furent tenues, en 16/jo, par le grand vicaire Gavaleri, officiai, du 18 août au 3 novembre ; deux, les 27 et 29 octobre, par Jacques Rarcillon, docteur en théologie, chanoine de Vence, « Commissaire député par lé vêque » dans l'affaire du chanoine sacristain de Grasse, B. Matty, qui se plaignait des « injures atroces et diffamatoires et escandales » d'un des curés de la cathédrale, Golombi d.

C'est en 16/io, dit Papon, que les Etats de Provence, suspendus, non supprimés, furent pour la première fois"2 remplacés par une Assemblée des Communautés. Il y avait dans ces réunions 37 votants. L'archevêque d'Aix les présidait ; les consuls d'Aix y étaient les « procureurs du pays », deux évêques, « procureurs-joints pour le clergé, deux possédants fiefs, procureurs joints pour la noblesse » ; on y trouvait, en outre, 22 députés des chefs-lieux de chaque viguerie, et i5 autres députés, « les consuls des petites villes » 3. C'est à Brignoles que cette Assemblée s'ouvrit le

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