‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 48 sur 242 · Bertrand, op. cit., t. II, p · texte numérisé non relu

Bertrand, op. cit., t. II, p

deux ecclésiastiques députés par le chapitre de chaque diocèse [. Elle avait pour but de nommer les députés du premier ordre (c'est-à-dire des évêques) et du second (c'est-àdire des simples prêtres) qui devaient représenter la province à l'Assemblée générale et en soutenir les intérêts sur les points préalablement exposés dans l'Assemblée provinciale ».

Ces Assemblées générales du clergé2 avaient une importance que l'on n'ignore point3. Elles statuaient sur les intérêts temporels du clergé et sur les demandes de subsides du roi. Périodiques et régulières, elles traitaient avec lui presque de puissance à puissance. Plus indépendantes que les parlements, elles avaient une grande influence sur la politique et l'administration de l'Eglise gallicane, et si elles pouvaient réveiller le sentiment du droit national ou l'entretenir, les articles d'Alfred Maury l'ont démontré. C'étaient, dit-il, de véritables Etats-généraux à l'usage du premier ordre de la nation. Ceux qui y siégeaient, apportaient un mandat qui était à bien des égards impératif. Ce que le clergé y donnait au roi par la voie des impôts, était une pure libéralité, un don gratuit, que les membres de l'Eglise se réservaient toujours la faculté de ne pas continuer.

Ces Assemblées, dit Maury, défendirent avec courage, parfois avec ténacité, les immunités de l'Eglise et aspirèrent à une domination absolue sur le pouvoir laïque ; leurs délibérations furent « agitées plus que turbulentes » ; les me-

i . Pour les Assemblées diocésaines, il fallait que les bénéfîciers eussent le droit électoral, à savoir qu'ils fussent in sacris (au moins sous-diacres), et que leur bénéfice payât décime dans la province. Des réguliers, les Capucins exceptés, pouvaient y siéger.

2. Sur les Assemblées du Clergé de France de i56i à i6i5, voir l'ouvrage de Serbat (couronné par l'Acad. des Inscr. en 1906) : leurs conventions avec le roi et le bureau de l'Hôtel de Ville, leurs emprunts, les influences politiques quelles ont subies, le souci qu'elles eurent des intérêts religieux, leur place dans l'histoire générale de la France, tels en sont les points essentiels.

3. Alfred Maury, Rev. des Deux Mondes, i5 fév. 1879, p. 754 sqq.

nées et les cabales n'y manquèrent pas : la chambre haute, formée des évêques, et la basse, composée des députés du second ordre, agirent parfois l'une contre l'autre. D'abord hésitantes sous Richelieu l, elles finirent par lui résister, notamment celle de Mantes en r64i. et devinrent presque frondeuses sous la Fronde, notamment celles de i645-i646 et de i655-i 657, où Godeau, nous le dirons, siégea. Elles avaient lieu tous les cinq ans environ. Une grande (où il y avait quatre députés pour chaque province ecclésiastique, deux pour le premier ordre, celui de l'archevêque et de ses suffragants, deux pour le second, celui des prêtres) alternait avec une petite (où il n'y en avait que deux, un pour le premier ordre, un pour le deuxième). Richelieu exerça une grande influence sur la nomination des députés qui devaient composer celle de i64i : aussi le début des mémoires de Montchal, archevêque de Toulouse, qui en fut un des présidents et s'en vit d'ailleurs expulsé, est un pamphlet contre le cardinal-ministre.

Le i4 janvier i64i, le vicaire général Bernard présida, dans la salle du palais épiscopal, une assemblée du clergé du diocèse de Grasse qu'il avait convoquée 2, — c'était la huitième de l'épiscopat de Godeau. — et lui dit que l'évêque, « étant hors de la ville » :\ avait reçu une lettre de l'archevêque l'invitant à députer « une personne capable » pour se rendre à Embrun, y assister au nom du second ordre du diocèse à l'assemblée provinciale que le métropolitain avait fixée au 17 « et là, suivant la volonté du roi, députer en la ville de Mantes pour l'assemblée générale du clergé de France qui s'y doit tenir le i5 février ». Le clergé du diocèse de Grasse décida, « nul discrépant, attendu la brièveté

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