Voir Maury, lbid., 1" avril 1879, p
2. Ev. de Gr.y n5, f° 139. Présents : Bernard, L. Matty, dom Lenfant, xVilhaud, B. Matty, Lombard, les prieurs d'Opio et Cabris, du Bar, de Ghâteauneuf.
3. Je n'en sais pas davantage. Etait-il dans le diocèse de Grasse ? dans celui dp Vence? ou déjà sur la route d'Embrun ?
du temps et la quantité de neiges », de n'envoyer aucun représentant '.
L'évêque de Sénez, Mgr Louis du Ghaine "2, fut choisi pour représenter le premier ordre de la province 3. Pour ce qui est du second, quatre prêtres affirmèrent à l'Assemblée de i64i qu'ils avaient été validement élus : Louis ou Loup d'Hugues, chanoine et chantre d'Embrun, neveu et grand-vicaire de l'archevêque ; Henri Robert, chanoine et sacristain de Digne ; Gassendi, prévôt de Digne ; Boulogne, chanoine et vicaire général de Digne. Il fallut régler le conflit. Une commission choisit Robert comme député du second ordre de la province, accepta d'Hugues comme agent — nous allons en parler, — écarta Boulogne et Gassendi 4.
La province d'Auch était représentée cette fois, pour le premier ordre, par l'évêque de Bazas, Henri Listolfi Maroni, de qui l'oraison funèbre sera prononcée par Godeau en novembre i645 5. Inutile d'insister sur ce que Richelieu en fit expulser par Emery, les 3 et 4 juin 6, deux archevêques, celui de Sens, Mgr Octave de Bellegarde, celui de Toulouse, Mgr Charles de Montchal ; et quatre évêques, celui d'Evreux,
1 . Notons ce détail : le 4 nov. 1637, le clergé du diocèse de Grasse avait donné au prieur d'Opio et Cabris décharge d'un écu et de 4o sous qu'il avait remis en i635 « à Jehan David, courrier envoyé par Mgr l'Archevêque d'Embrun pour aviser de la convocation à l'assemblée provinciale qui devait se tenir à Embrun >> (Ev. de Gr., 11 5, f° 11 5).
2. Il avait déjà figuré à celle de 161 2 comme simple prêtre, à celle de 16 19 comme évêque titulaire d'Argos et coadjuteur de Senez, et à celle de 1625 comme évêque de Senez. Du Ghaine avait, on l'a vu, dénoncé ses collègues en 1640.
3. Godeau est-il allé à Embrun malgré « la quantité de neiges ? » La première assemblée provinciale dont on ait gardé le procès-verbal est celle du 10 avril 1670 (Arch. des Htes-Alpes, archidioc. d'Embrun, G. 5o,).
4. Bertrand, op. cit., t. Ier, p. 221. Voir les Mèm. de Montchal.
5. Richelieu, disent les Mèm. de Montchal, voulait du mal à l'évêque de Bazas.
6. Voir Hermant, Mèm., éd. Gazier, t. Ier, p. 157. Richelieu avait rédigé des injonctions qu'il rendit encore plus blessantes par les mots de ligue, faction, malice, sédition, et par l'accent de sa voix. Emery termina ainsi : « Vous en répondrez sur vos têtes ».
M*r François Péricard, celui de Maillezais, Mgr Henri de Béthune, celui de Toulon, Mgr Jacques Danès, et celui de Bazas : ils furent rétablis lors de l'Assemblée générale de i645 à laquelle, nous le verrons, Godeau assista '.
Mais le nom de Gassendi éveille pour 1 6 /j r de plus graves souvenirs : l'affaire de l'Agence générale du clergé.
On sait que deux provinces ecclésiastiques à tour de rôle élisaient chacune un agent général et que ce choix devait être confirmé par l'Assemblée même. Les agents généraux occupaient, en effet, une place considérable dans le gouvernement de l'Eglise gallicane : conseillers d'Etat depuis i64i, ils constituaient, dit Alfred Maury, « une sorte de ministère des affaires ecclésiastiques au petit pied » *2. De telles fonctions n'étaient occupées que par des ecclésiastiques du second ordre. Jusqu'en 1 64 1 , leur élection avait appartenu entièrement au clergé, sans qu'il fût besoin que le roi la confirmât.
En i64i, les provinces dont ce fui, le tour de les nommer, étaient celle d'Arles et celle d'Embrun. Celle-là choisit l'abbé de Grignan ; celle-ci, l'abbé d'Hugues, dont nous avons dit qu'il était chanoine et chantre de la cathédrale d'Embrun, vicaire général et officiai de l'archevêque d'Embrun. Louis XIII, poussé par Richelieu, les refusa : il avait, en i64o, commandé à ces deux provinces de n'en point nommer. Il dit notamment qu'un marché simoniaque viciait l'élection d'Hugues ; qu'il n'avait obtenu que 2 voix; que la majorité s'était prononcée pour Gassendi ; que d'Hugues lui avait donné 8.000 livres3 pour obtenir son désistement. Maury a relevé, dans le Journal de ï Assemblée de Mantes, que Mrr de Montchal rédigea le fait que de tels marchés n'étaient pas rares dans les élections ecclésiastiques. L'Assemblée de
1 . L'évêque de Toulon, député du premier ordre de la province d'Arles, avait passé d'abord pour agréable à la cour. Il lui fui hostile, comme le député d'Embrun et celui d'Aix (l'évêque de Sisteron).