Ibid
4. P. Séguier était chancelier depuis la mort d'Aligre (déc. 1 635) . Il avait appartenu à l'Académie française dès l'origine (fauteuil n° 7 de la liste Adh. Leclerc) et y fut remplacé par un parent de Godeau, Bazin de Bezons.
5. Godeau, Lett., 5~. — Pierre-César, colonel-général des Suisses, lieutenant général des armées du roi, était mort le 10 ou 28 juillet, à 28ans. 11 avait épousé, le 5 février i634, Marie Séguier, qui se remaria au marquis de Laval-Boisdauphin. Il avait eu trois fils. L'un, Armand, porta la Sainte Ampoule au sacre de Louis XIV et devint duc et pair en 1 663 . Un autre, Pierre, fut évêque d'Orléans en 1666 à 3o ans et cardinal de la Trinité in monte Pincio en 1697, commandeur du Saint-Esprit et grandaumônier de France en 1700 : il avait été dès sa 6e année abbé de Jumièges, dès sa 8e, abbé de Saint-Victor, dès sa 17e, premier aumônier de Louis XIV. Le troisième, Charles, fut chevalier de Malte, voulut être enterré à Port-Royal et mourut en 1699. Un fils du duc Armand fut évêque de Metz de 1697 à 1732. Pierre- César avait un frère, le célèbre baron de Pontchateau, qu'on appelle « le jardinier de Port-Royal » et deux Sœurs, la duchesse d'Epernon et la duchesse de Puylaurens qui, devenue veuve, se remaria au comte dllarcourt. Leur père, Charles, mourut en i648 Son père, François, avait épousé une tante de Richelieu, Louise du Plessis, et mourut en i654.
Nés au Havre, Georges en 1601 et Madeleine en 1607, les Scudéry, provençaux d'origine, — leur famille était d'Apt1, — de bonne, mais petite, noblesse, reviennent en Provence au début du règne de Louis XIV, quand Georges eut été nommé, en 16^2, gouverneur de Notre-Dame de la Garde2. Ils vivent à Marseille de i644 à 16/47, e* ' on a Pu montrer 3, d'après les descriptions que sa sœur a glissées dans le Grand Cyrus et les lettres qu'elle adressa à son amie, Mlle Paulet, ce que fut leur séjour dans cette ville, quelles fêtes on y donna, quelles relations les belles et nobles dames du lieu eurent avec cette femme d'esprit. L'ennui finit par gagner les Scudéry qui repartirent pour Paris, juste à point pour que Georges se jetât dans la Fronde. C'est à Marseille que sa sœur avait tenu d'abord bureau d'esprit. Elle n'oublia jamais la grande ville provençale où avait ainsi brillé la femme de lettres dont Chapelain, écrivant à Balzac, disait qu'elle était « spirituelle, judicieuse, très civile, de très exquise conversation, mais un peu beaucoup 4 laide ».
Une des lettres que Godeau écrit le 16 août r6/ii, est envoyée à Georges de Scudéry, pour lui donner « un avis chrétien 0 sur ses poésies 3. « Le présent que j'ai donné ordre qu'on vous fit de ma part, est une dette qu'on vous a payée.
1. Georges de S. prétendait (du moins d'après Tallemant^des Réaux) qu'elle venait de la Sicile, que ses ancêtres avaient quittée à la suite des princes de la maison d'Anjou, disait-il. Leur père était né à Gap, fit le pirate, même au préjudice des ennemis du roi, et fut, bien que capitaine de la marine royale et lieutenant d'un amiral, appréhendé, conduit à la Conciergerie : il faillit être pendu (J. Gh. Roman, Bull, de la Soc. oVél. des Hautes- Alpes, 1910, p. 44).
2. « Capitaine et gouverneur de la tour de N.-D. de la Garde à Marseille » (Arch. des B.-du-Rh., lî. 99, registre Jurisprudentia).
3. Voir le livre d'Emile Perrier, Valence, Imp. Valentinoise, 1908, in-8° (u3 pages).