‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 62 sur 242 · Sic · texte numérisé non relu

Sic

5. Godeau, Letl., 58 : j'y relève avant la date les lettres A D dont le sens m'échappe. La troisième lettre, écrite le 16 août i64i, nous montrera que Godeau était à Grasse ce jour-là. M. Cognet dit que M'" de Scudéry dut paraître vers i64o chez Mme de Rambouillet et que c'est alors que Godeau connut elle et son frère.

Vous voulez toutefois m'en remercier * Les odes d'Horace

ne se lisent qu'en quelques cabinets et les psaumes de David se chantent par tout le monde. Si j'ai ajouté quelques cordes à la harpe, je l'ai profanée et efféminée... Je ne sais si ce que vous louez dans mes Eglogues n'est pas ce qui me condamne, et j'ai peur que l'iris ne soit trop ajustée pour un berger de la Palestine 2. Lycidas pourrait bien avoir trop retenu du langage de l'Egypfe; pour le moins, il tâche d'en retirer son cœur, il n'a pas le poumon assez fort pour la trompette, et en

cette occasion l'évcque cède la place à son chapelain

Après les Eudoxes, ne voulez-vous point faire parler les Agathes et les Céciles?3 Le théâtre de la récente Jérusalem mérite bien qu'on ne le laisse pas vide. Que vous auriez d'illustres spectateurs !.... Nos Muses 4 dorment il y a longtemps. Quand le berger craint le loup, il ne s'amuse pas à jouer du

chalumeau 5 Je n'ai point encore reçu les livres que

M"e Paulet m'a mandé que vous me faisiez la grâce de m'envoyer. J'ose en juger par avance et prononcer qu'ils ont toutes les beautés de leur genre ».

C'est aussi le 16 août i64i, et de Grasse, comme le porte sa lettre, qu'il parle à la sœur de Georges, Magdeleine de Scudéry, des sentiments humbles qu'il a de ses Poésies 6. « Il

i . Il s'agit de la seconde partie de ses OEuvres chrétiennes qui venait de paraître en 16/ii. Nous en parlons plus loin.

2 . On verra qu'il est question de six Eglogues spirituelles que contient le livre.

3. G. de Scudéry avait fait jouer, en i64o, une tragicomédie, Eudoxe. Godeau lui conseillait d'écrire des tragédies chrétiennes, une sainte Agathe (elle fut martyrisée à Gatane en 25 1) ou bien une sainte Cécile (elle fut martyrisée à Rome en 232 et son corps avait été retrouvé en i5gg). Son Amour tyrannique, joué en i638, avait fait dire à Balzac (lettre du 8 janvier i64o à Chapelain) que, depuis qu'il avait lu cette tragicomédie, le Cid ne faisait plus ses délices.

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