En mi limpieza mi valor. — En ma pureté ma valeur
chot, un original de Mignard rapetissé par un miniaturiste, la transcription d'un original ancien remis à la mode vers i655, peut-être d'une allégorie commandée par Montausier, lorsqu'il venait d'abjurer le protestantisme et se préparait à épouser Julie, à Duguernier, élève de Van Dyck et continuateur des Glouet dans le portrait1. En tout cas, le sujet évoque le souvenir de la célèbre Guirlande 2. Avant ses pages où sont les fleurs de Robert, et celles où Jarry calligraphia en or les madrigaux des commensaux de l'hôtel de Rambouillet, il y a un Zéphyre qui répand des fleurs, et le premier feuillet est une guirlande composée de toutes les fleurs : d'où l'intérêt de la miniature et le rapprochement qu'il faut établir entre elle et la Guirlande. En outre, c'est grâce à cette miniature qu'Arthénice et Julie, deux des plus célèbres femmes du xvii9 siècle, dont il n'était point parvenu un seul portrait authentique et dont il était juste de dire qu'elles étaient inconnues, au physique, ne sont plus inédites. Malheureusement, nous ignorons, en ce qui concerne Godeau, s'il composa les vers d'une de ces fleurs.
Godeau souhaitait que Julie d'Angennes consentît à épouser Montausier : celui-ci soupira plus de treize ans. Il faut dater de ce second séjour à Grasse, durant lequel elle le laissait toujours attendre, le rondeau suivant :
Dans ce désert 3 où je suis retourné 4 Mon cœur languit, à souffrir destiné ; Et mon esprit, plein de mélancolie, Ne songe plus qu'à la belle Julie Dont je voudrais voir le front couronné 5.
i . Protestant convaincu, dit M. Bouchot ; et l'on sait que Montausier, après son abjuration, ne témoigna pas de froideur à ses ex-coreligionnaires.
2. Bouchot renvoie au travail d'Uzanne, La Guirlande de Julie, Paris, Jouaust, 1875.