M. de Salles », comme on disait alors
8. Mort en i5g3, il avait été, dit Tamizey de Larroque, secrétaire de la duchesse Marguerite de Mantoue, puis du duc de ISevers, Louis de Gonzague.
9. « La Ghirlanda délia contessa Angela Bianca Beccaria, contesta di madrigali de diversi autori » (Gênes, i5g5). — Les Ghirlande étaient de mode par delà les monts, selon un article de M. Bouchot que nous allons citer.
Une miniature sur vélin, achetée vers 190/i par le baron Edmond de Rothschild, a permis de connaître enfin les traits de la marquise de Rambouillet et de Julie '.. Elles sont assises sur des coussins de cour très bas, au milieu d'un parc, sous un portique à balustre. A gauche, vêtue d'une robe d'un bleu éclatant, des fleurs dans les cheveux, Mme de Rambouillet tend à sa fille une couronne de roses, narcisses, jacinthes et jasmins, et laisse une guirlande errer sur ses genoux ; elle a, dit M. Bouchot, « une mine d'abbesse » ; elle partage avec Julie la couronne fleurie ; sur le socle du vase qui est derrière Catherine de Vivonne, italienne de naissance, est une devise italienne sur la bordure d'un cartouche où l'on voit un paysage blanc de neige2. Dans le ciel, un Zéphyre aptère semble apporter du ciel la couronne sur le ruban de laquelle on lit, en capitales calligraphiées — détail important — par Jarry : « A la divine Julie ». A droite de la miniature, celle-ci, des perles entrelacées dans le chignon, une étoile étincelante sur le front, sans fleurs dans les cheveux, a, dit M. Bouchot, « des bras de fermière » ; elle est richement habillée d'une robe, mythologique ou allégorique, de brocart que couvrent des fleurs d'oranger : c'est l'époque où elle va épouser Montausier 3. Sur la base de la colonne qui est derrière Julie d'Angennes, une devise espagnole4 qui, — chose à noter — est paraphrasée par Pierre Corneille, dit-on, dans la fameuse Guirlande de Julie, de même que « la fleur d'orange » y estchantée par Scudéryet par Corneille ou par Conrart. La mère et la fille ont, sur cette miniature de la collection E. de Rothschild, des chlamydes attachées à l'épaule par un lien d'orfèvrerie. On dirait, d'après M. Bou-
i. Henri Bouchot, Gazette des Beaux-Arts du ier février igo5.
2. Fredda ? Si, ma l'candor ne piace. — Froide ? oui, mais la blancheur en est agréable.
3. « Très habile, peu jolie, aimable, accommodante », dit Bouchot, « elle avait suspendu dans sa ruelle le portrait du roi Gustave-Adolphe de Suède ; on pensait à la marier avec le frère aîné de Charles de Sainte- Maure ; elle fit attendre le chevalier de Salles », depuis duc de Montausier.