Voir ma première partie, p. i
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Après ces hymnes viennent seize nouvelles paraphrases : celles des Psaumes iv, xxvi, xxx, cm, cix, ex, exi, cxv, cxxn à cxxix inclus ' . Deux ou trois de celles-ci avaient été composées, si nous en croyons la lettre que Chapelain envoya à Balzac le 28 juin 16/io, par Godeau, tandis qu'il revenait de Dreux à Paris en ce mois-là, « en se curant les dents, ne sachant que faire ». Il y joignait la paraphrase du psaume cxlviii, le Laadate Dominum de cœlis, que l'Eglise chante le jour de Noël, à Laudes : il l'avait publiée dès 1637.
Entin le cantique « Lumineuses troupes des anges2 » que Godeau avait édité chez Gamusatdès 1637.
J'ai dit plus haut de quoi se composent les Œuvres chrétiennes eu prose, qu'on trouve dans ce volume de 16/^0, et j'ai donné la liste des Prières qu'on y peut lire.
Nous avons vu que, le 16 août i6/ji, — le lendemain du jour où l'Eglise célèbre cette même Assomption que Godeau avait mise en vers, — il parlait de cette seconde partie de ses Œuvres chrétiennes avec modestie. A Georges de Scudéry, il avouait que, s'il avait « ajouté quelques cordes à la harpe (de David) », il lavait « profanée et efféminée ». Nous ne disons rien ici de ses Psaumes : mais son poème de Y Assomption mérite les épithètes en question, comme auparavant, dans le volume de j633, ses Egtogues sacrées dont il avoue que « son berger de la Palestine » et sa bergère, « l'Iris », manquent de naturel. Godeau insiste auprès de G. de Scudéry, sur Lycidas, « l'aimable » berger de son Eglogue I, qui chante la beauté du paysage de Grasse. « 11 pourrait bien avoir trop retenu du langage de l'« Egypte » : ce qui signifie que Godeau, qui semble s'être incarné dans ce Lycidas, a trop peu désappris les façons du monde et les manières de Paris. « Pour le moins, il tâche d'en retirer son cœur » et d'être un évêque aussi attaché que possible à ses devoirs. Il craignait « le loup » , les Espagnols et ce qui se passait en Piémont. On sait que le prince Thomas et ses soldats espagnols
avaient été accueillis dans Turin, tandis que la citadelle même était aux mains de nos troupes appelées par la régente Christine ; que le comte de Gréquy, ayant succédé au maréchal d'Harcourt, força les Espagnols à lever le siège de Casai, où ils voulaient obliger nos soldats à se rendre, assiégea le prince Thomas dans Turin, fut entouré par les troupes du gouverneur espagnol du Milanais, Leganez, finit par repousser celles-ci, par obliger Thomas à se rendre le 22 septembre 1 64 1 , par délivrer la citadelle de Turin où nos soldats s'étaient vus serrés de près, et par mettre les états de Savoie, du moins pour quelque temps, dans l'entière dépendance de la France.
Ajoutons que, tandis que le poète publiait en 1 64 1 la seconde partie de ses Œuvres chrétiennes dont la première avait paru en i633, le prosateur ne restait pas inactif: dans le cours de cette même année, Godeau donne une « seconde édition revue et corrigée » de sa Paraphrase sur les Epitres de saint Paul1 et sur les Epitres canoniques2, chez la veuve Camusat, en deux volumes in-i2°, puis une Paraphrase sur les épîtres de saint Paul aux Thessaloniciens, à Timolhée 3, à Tite'' et à Philémon6, chez le même libraire. Il ne lui restait qu'à paraphraser les Epitres aux Philippiens6 et aux Cotossiens1 pour avoir commenté tout ce qu'on a de saint Paul.
i . Du moins sur quelques unes des Epitres de l'apôtre des Gentils : les douze qu'il avait paraphrasées en i632, celle qu'il avait développée en 1637, e^ les s!x qu'il venait de commenter et dont la première édition fut donnée chez la veuve Camusat en i64i.
2. Celle-ci, relative aux Epitres canoniques, venait de paraître en i64o.
3. Il y en a deux « à son cher fils dans la Foi, son bien-aimé ».
4. Celle ci, « à son fils très aimé dans la Foi qui nous est commune », et les deux à Timothée sont appelées « pastorales ».