‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 91 sur 242 · P. i3t de l'édit. de · texte numérisé non relu

P. i3t de l'édit. de

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L'hymne sur le Vœu de Louis XIII contient une ingénieuse description de Notre-Dame de Paris.

Tout ce que l'art et la nature ont de plus riche en leurs trésors se rassemble dans ce grand corps sous les lois de l'architecture.

D'un rare et superbe métal elle conduit sur le portai.

Trois rangs de piliers magnifiques et de grandes niches font voir ces rois, dont nos fastes antiques marquent la gloire et le pouvoir;

de bronze sont faites ses portes. . . .

dessus cent bases de porphyre, cent colonnes de marbre blanc dans leur riche et superbe rang font cent glaces où l'on se mire.

Le fond de la voûte est d'azur et sur ce fond brillant et pur des étoiles d'or sont semées...

sur le pavé le savant maître a fait et des fruits et des fleurs.

Puis le poète glorifie Louis XIII, « des rois le plus parfait », rappelle qu'il a vaincu « les Aigles et les Léopards », montre comment il a voué son royaume à la Vierge et remercié Marie d'avoir obtenu

que les oracles de l'Eglise dans le Béarn soient écoutés,

ce qui est une allusion à ce que le i5 juin 1617, Louis XIII avait ordonné la réunion du Béarn à la France, le rétablissement du catholicisme que Jeanne d'Albret y avait proscrit, la restitution des biens du clergé quelle avait vendus. Il est reconnaissant à la Vierge d'avoir obtenu aussi que La Bochelle ait été reconquise sur les Protestants, l'île de Bé débarrassée des Anglais, la succession de Mantoue réglée \ le Bhin délivré des Impériaux.

' 1. Dans l' Assomption, Godeau a déjà parlé delà paix de Casai et de la protection de Mantoue. On sait que, à la mort- de Vincent II, duc de Mantoue et marquis de Montferrat, ses états avaient été disputés par Charles de Gonzague, duc de Nevefs, son plus proche parent, à qui il les avait laissés, partie par le duc de Savoie, partie par le duc de Guastalla (1627); 1 Empereur séquestra le tout, le roi d'Espagne bloqua Casai, Louis XIII se contenta d'abord de négocier pour Gonzague (1628), puis avec toute son année, après la prise de La Rochelle, malgré la résistance du duc de S tvoie, força le l'as de Suse ^6 mars 1629), imposa un traité au duc

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« Conservez-lui 6on Richelieu »,

dit le Roi dans l'hymne de Godeau : car il est un sage ministre, c la merveille de ma cour»,

Enfin il me laisse aujourd'hui Toutes les fleurs de ma couronne Et prend les épines pour lui ' .

Faites vivre, ajoute Louis XIII, la princesse espagnole que j'ai épousée, et donnez- moi un Dauphin.

Quani à l'hymne sur les saints Innocents, on sait qu'ils avaient inspiré à Malhcrhe de heaux vers, la seule partie qui survive de son poème de 1087, les Larmes de S1 Pierre, para phrase d'une œuvre italienne écrite en 1 585 par Luigi Tansillo (de Venosa). Ceux de Godeau. qui admira Malherbe, ne les valent pas. — Des trois autres hymnes, je préfère ne rien dire. — Revenons au premier. M. Faguet semble l'avoir particulièrement goûté; il dit par erreur (si l'inexactitude n'est pas le fait de la Revue des cours et conjérences) qu'on y trouve les deux vers que certains ont reproché à Corneille d'avoir trop fidèlement copiés et insérés dans les stances de Polyeucle :

Et comme elle a l'éclat du verre Elle en a la fragilité.

Je les y ai vainement cherchés . 2

(11 mars), força les Espagnols à lever le siège de Casai, occupa Casai et Suse; les Impériaux ayant repris l'offensive, Richelieu partit pour le Piémont (déc), franchit les Alpes malgré le duc de Savoie qui s'était mis d'accord en secret avec les Espagnols, prit Pignerol (mars i63o), conclut d'abord une trêve par l'entremise de l'abbé Mazarini, envoyé de la Cour de Rome (sept.), puis la paix de Ratisbonne (oct.). Les Français gardèrent Pignerol.

1. M. Cognet note que le jésuite qui écrivit un pamphlet contre Godeau. le P. Vavasseur, dit qu'il était inconvenant et ridicule d'exalter ainsi Richelieu dans une ode au roi.

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