‹ Godeau, évêque de Grasse et de VenceChapitre 97 sur 242 · Voir Tisserand, G., p. 324 et plus haut ma page · texte numérisé non relu

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il n'entend « préjudicier en rien aux droits et immunités de sa congrégation et monastère » l. Deux jours de suite Godeau prêche le matin.

Le 2[\, il va à Valbonne2, descend de cheval à l'entrée du village, est reçu par dom Fradet et le curé, donne acte de la même protestation du prieur, confesse et officie : notons le conflit qui existait entre les moines et les consuls pour l'augmentation du service religieux.

Le 26, il est à Sartoux : les gens se plaignent des moines de Lérins, et l'église a été démolie.

Le 6 avril3, Godeau, qui avait présidé la veille une ordination à Grasse, est à Plascassier.

Il reste dix-sept lettres que Godeau écrivit en 1642, onze à Grasse, quatre à Vence, une à Tarascon, une nous ne savons où. Le 2b janvier, à Grasse, il s'adresse à Balzac4. « Encore que vous ayez fait le vœu de n'écrire à personne, vous ne devez pas avoir scrupule de rompre le silence pour moi. Gomme évêque, je vous en puis donner dispense. Je suis en outre un ermite, et vous savez que, dans les déserts les plus austères, les ermites faisaient des conférences... Donnez-moi des nouvelles de vos études, de la vieille Rome, du pays de l'éloquence, de ces belles-lettres que vous servez encore en amant, quoique vous les possédiez comme un mari légitime. Je souhaite que Balzac fût dans nos plaines. L'ombre des orangers lui inspirerait des pensées plus précieuses que tout l'or de leur fruit... J'ai achevé la vie de saint Paul ou plutôt l'histoire des premières années de l'Eglise5... Sans y penser, j'ai tourné 100 psaumes de David et préféré la version à la paraphrase » .

r. Les Mauristes protestaient, comme les Gassinistes l'avaient fait, au nom de l'exemption. Il n'est pas parlé ici du prince de Gonti.

2. Avec Al. Chevalier et le vicaire général Gavalery qui l'accompagnent à Sartoux et Plascassier.

3. Donc le dimanche de la Passion : Pâques en 1642 fut le 20 avril. 4 Godeau, Lett., 122. Tisserand la date de i644-

5. La Vie de saint Paul par Godeau ne parut que cinq ans plus tard, en 1647.

Godeau II 8

Jansénius qui, nommé évêque d'Ypres en 1637, était mort le 6 mai i638, avait laissé son Augustinus qui parut à Louvain en i64o, fut débité à la foire de Francfort dès septembre, puis réimprimé à Paris au début de i64i et à Rouen en i6li3l, et fit le bruit que Ton sait. Godeau fut sollicité d'approuver le livre. Il semble qu'il ne s'y refusait pas, mais il était si prudent que, le ier mai, de Grasse, il écrivait à \ntoine Arnauld : « 2 Je suis pauvre et abandonné dans ma solitude. Je ne ferai point grossir le nombre des suffrages pour M. d'Ypres, car je n'ai pas assez de suffisance ni de réputation pour les rendre plus considérables... Je rends à la vérité le témoignage que je lui dois... J'ai peur qu'il ne sorte de ces nues plus de foudres que d'éclairs, et que beaucoup ne perdent la grâce en la discutant... L'humilité est la première et presque l'unique disposition nécessaire pour entendre ces propositions qui épouvantent tant de personnes » 3. Moins timide, le théologal de Paris avait dit, sans attendre que Rome eût parlé, que l'évêque d'Ypres avait été « un Calvin rebouilli » 4. Or l'on sait qu'Urbain VIII avait condamné ï Augustinus, le 6 mars 1642, par la bulle In eminenti et qu^un décret de l'Inquisition avait, dès le ier août i64i, défendu de l'imprimer et de le lire. La bulle

1. Mgr Fuzet, Les Jansén. Le livre n'avait pas l'approbation de Rome.

2. La Sorbonne venait, sur l'ordre de Richelieu, d'après Hermant (t. Ier, p. 170), de refuser de le recevoir « à la Société » le 24 décembre i64i. Je ne sais pourquoi Tisserand dit (God., p. 233) que cette lettre de Godeau est adressée « à un 'de ses amis » : il pouvait le nommer. Ailleurs, il dit qu'elle fut envoyée à Arnauld d'Andilly (God.. p. 345). L'édition porte, simplement : « A M. Arnauld ».

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