‹ Godefroi de BouillonChapitre 125 sur 141 · CHAPITRE XIV W · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV W

cottcbe da glorieux malade. Uoe flottille de YéAiUens menait d'aborder à Joj^é. Lea eliefe, iBtjroduitaauprèadelm, l'ac- GablèreiU de témoignées de sympathie et ne pouvaient se décider i s'éloigner. Il les aeciieîllit avec beaueoop de bîen^ imllance et les engagea à retourner sur leurs vaisseaux , pro^ mettant que le lendemain, s'il se trouvait mieux, il ne man« queraitpasde leurrendreleur visite et de satisfaire l'impatient désir que leurs compagnons avaient de le voir; mais dans la nuitj le mal s'étant aggravé, il crut devoir éviter les fatigues de cette réception et se fit conduire à Jérusalem.

Tancrède ne tarda pas à l'y rejoindre, ainsi que l'évéquedoge des Vénitiens et ses autres barons. Domptant sa souffrance , il conféra encore plusieurs fois avec eux des intérêts de la chrétienté d'Orient. Ses forces baissèrent d'une manière effrayante, mai's son énergie morale ne faisait que grandir. Il avait déjà de la peine à articuler ses paroles, qu'il persuadait encore aux assistants qu'il serait bientôt guéri. Il donna à Tancrède , à son cousin Garnier de Gray et au doge de Venise des instructions minutieuses pour assiéger Caïphas, en combinant les opérations de la flotte avec celles de l'armée de terre, et les envoya commencer l'attaque.

Ensuite, dit Albert d'Aix, a il confessa ses péchés en véritable componction de cœur et en versant des larmes ; il reçut la communion du corps et du sang de Notre -Seigneur, et, couvert du bouclier spirituel, il fut enlevé à la lumière de ce mondée » C'était le 18 juillet 1100, un an après la prise de Jérusalem.

On l'ensevelit dans l'église du Saint -Sépulcre, dans ce sol sacré du Calvaire arrosé du sang du Sauveur. Il semblait que

1 An)ert d'Aix , Hv. VH.

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jusque dans la mort il dût veiller sur le grand tombeau que son bras puissant avait délivré; heureux de n^avoir pas eu, au milieu de son court triomphe, la révélation des sombres destinées qui attendaient son œuvre éphémère ; de n'avoir pu pressentir que le Turc infidèle reviendrait bientôt profaner les lieux saints, et qu'un jour des mains impies chasseraient sa cendre de la place d'honneur qu'il avait si laborieusement conquise !

Non - seulement les colonies chrétiennes furent plongées dans le deuil et l'affliction par la mort de leur glorieux chef, mais les musulmans eux-mêmes le pleurèrent, et pendant cinq jours remplirent leurs mosquées de douloureuses lamentations sur la perte de cet homme juste ^

Guillaume de Tyr a laissé du premier roi de Jérusalem le portrait suivant : c Sa taille était un peu au-dessus de la moyenne ; il était doué d'une force sans exemple ; il avait des membres vigoureux , la poitrine large et forte , la barbe et les cheveux légèrement roux '. »

Ayant arrêté dès sa jeunesse le projet de la grande entreprise religieuse et militaire dont il lui était réservé d'assurer le succès , il avait depuis lors considéré sa vie comme vouée aux austères devoirs d'un célibat quasi monastique. II ne se maria point ; et de plus en plus détaché du monde à mesure

t Albert d'Aix, Iît. Vn.

s^Gnillaume de Tyr^ liv. IX, ch. v.

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