CHAPITRE III
LES THÈMES HISTORIQUES ET LÉGENDAIRES DANS LA FORMATION DU ROSE (1800-1810).
RS y? Ne À
Le éveil headers: Monk Éo ct Walter Scott. — Les Pallades. … Gœthe et les traductions de Lewis. Le Roi des aulnes. L'occultisme du - Faust et son influence sur le Moine. — La ballade fantastique des Tales of Wonder and Terror; adaptations de Walter Scott et de Lewis. — * Gœtz de Berlichingen et son influence sur le poème et le roman historique - de Walter Scott. Le drame révolutionnaire et médiéval : Robert Southey, T. L. Beddoes. — Hostilité au « baron » Gœthe.
CT « Tirer Hittor und LCI REA sind ganz auf die jetzige Leselust der Engländer berechnet, und werden begierig übersetzt. > (Neuer Teutscher - Merkur, juin 1796, did Lou
28 avril 1796) * AI hail, M. P. m from whose infernal - brain - 5 ce Thin- shected phantomns glide, a grisly , train Ë At whose Stand gr EntuuonEen throng in crowds - And kings of fire, of water and of £ clouds.. With small grey men, wild yagers and what not To crown with honour thee and Walter Scott.
= RAP ARTE : À (ByroNw, English bards and Scotch: - ! reviewers, 1809.)
Jusqu'à présent, notre enquête nous a donné surtout le bilan de la fortune littéraire de Gœthe en Angleterre à la fin du dix-huitième siècle. Il s’est agi des HDAOS anglaises de son œuvre, et ce travail ne fut guère qu’une contribution à l’histoire de l’opinion britannique. Sans doute nous avons noté une réelle influence de Werther sur la littérature sais mais ce
(4) Monk Lewis était membre du Parlement.
32 GOŒTHE EN ANGLETERRE .
n’est pas là un phénomène original. Werther contribua à alimenter la sentimentalité du temps et donna à l’atmosphère une coloration particulière, il n’apporta pas un thème fécond à développer, il ne provoqua pas de variations littéraires dignes d’être retenues par la postérité. Il eut une énorme vogue et c ’est tout. Par contre, les drames de Gœthe se heurtèrent à l'indifférence et à l'hostilité conservatrices. Gœthe de Berlichingen n’eut aucun
succès, mais il allait avoir une influence très nette. Il nous faut
établir ici, pour la première fois, une distinction entre l’opi-
nion générale et la pensée individuelle, entre le public et l’écrivain. L’avènement du dix-neuvième siècle marque pournous un : résultat négatif : la fin d’une vogue sentimentale et la protesta-
tion morose d’une réaction, mais il nous apporte des promesses d'avenir. Nous -assistons au spectacle d’une génération qui
s'éteint, et dans la génération qui se lève, nous voyons poindre une jeune pléïade. Quel que soit l'accueil de la critique, Gœthe trouvera peut-être un asile sous le toit du poète. Plus d’une fois, il nous faudra suivre séparément la destinée générale de
ses œuvres et leurs infiltrations dans la littérature. Elles onteu
souvent le plus d'influence quand elles ont eu le moins de succès. Faust fera frémir Byron, avant même d’être connu de ses compatriotes, et aux environs de 1800 la chevauchée du Roi des aulnes, le cliquetis d'armes de Gætz de Berlichingen éveillent de curieuses résonances. L’écho de la sombre galopade et les voix lugubres du Tribunal secret se prolongent dans les rêveries de Monk Lewis et de Walter Scott. C’est une compensation pour Gæthe et il est intéressant, à propos de la ballade et du
drame historique, de fixer son rôle dans la genèse du romantisme.
Matthew Gregory Lewis avait étudié à Oxford. Mais là, comme à Westminster School auparavant, il s’était surtout abandonné à d’obscures songeries. Il se souvenait sans doute de son enfance dans la vieille maison de campagne, à Stanshead, des revenants qui, dit-on, hantaient l’aile abandonnée des bâtiments et du volume préféré de sa mère, le livre de
lille sur la sorcellerte. L'Allemagne lui était apparue
comme un pays mystérieux et ily était allé, à l’âge de dix-sept ;
ans, en 1792, pour en apprendre la langue gardienne des trésors
. littéraires. Arrivé à Weimar, il prit des leçons, travailla ettra- duisit des poèmes lyriques. Il en réunit ainsi une série dont il | voulait faire. RS à sa mère et il soumit ses essais aux
auteurs ‘eux-mêmes. Mes traductions, écrit- il, ont été
“approuvées par eux : ce qui prouve suffisamment qu’elles sont 1e passables. » 11 s’agit probablement ici du Roi des aulnes et du Pécheur de Gæœthe, et de la ballade danoise traduite par Herder - dans ses Voix des peuples : les Filles du roi des aulnes. Lewis resta rx mois à Weimar et fréquenta la haute société. Il eut l'occasion de rencontrer Gœthe. C’est à cette époque que se rattachent
ses traductions : The Primr ose, Mai, DR aux « Lieder » de Gœthe ( 4). ‘
Deuxans après, Monk Lewis est attaché d’ambassade àla ou É
JL n’a pas encore vingt ans et. il écrit en quelques semaines fiévreuses le roman qui le rend brusquement le plus célèbre écrivain d'Angleterre : {e Moine. Et là encore, il se souvient des
ballades germaniques. Dans cette histoire extraordinaire, .
peuplée de spectres, de sorcières et d’esprits, où passent le fantôme de la Nonne sanglante de Lindenberg et l'étrange vieillard qu’on croit le Juif errant, où flambent des incendies de couvents espagnols et des bûchers d’Inquisition, où des drames
d'amour. macabre se jouent parmi les tombeaux dans les
cryptes mystérieuses de Sainte-Claire, il y a place pour la che- vauchée du roi des aulnes. Le domestique dé Las Cisternas se
glisse dans le monastère, pour découvrir la destinée de la
malheureuse Agnès et raconte aux crédules Franciscaines les
. légendes danoiïses. Il leur décrit le roi des aulnes : « vieillard d'aspect majestueux, avec une couronne d’or et une longue
barbe blanche. » C’est ainsi du moins que Lewis avait, un peu inexactement, traduit à Weimar le passage de la ballade de Gœthe. Il publie sa version le Roi des aulnes à la fin. du
. roman, avec le poème tiré de Herder. Elle est encore reproduite
(1) Ces courtes poésies né parurent qu'après sa mort a sa Vie et Cure respondance.,
c'e ; GOŒTHE EN ANGLETERRE
en 1796 par le Monthly Mirror et aura, plus ne sa. he dia les Tales of Wonder and Terror (4804). IL est ns pee de la rs avec was de Walter Scott. re