PRÉFACE XV
j'ai étudié l'œuvre littéraire comme le botaniste étudie une fleur, en tenant compte de la plante qui la porte et du soleil qui la fait épanouir. La beauté est d'importance secondaire. Mais, si la plante est belle et utile, rien n'empêche de le remarquer. On ne m'en voudra donc pas de m'être laissé aller parfois à mon admiration. D'ailleurs, Gœthe a trop aimé les lettres françaises, il a été trop bien jugé depuis longtemps par M"^^ de Staël et Ampère, pour qu'il n'y ait pas mauvaise grâce à taire son enthousiasme. Par l'étude un peu approfondie de sa vie et de ses œuvres, je suis arrivé, non à le comprendre, cet homme est « comme » la mer qui devient d'autant plus profonde qu'on ' avance davantage, » mais j'ai appris à l'aimer. Je ne m'en cache point. Je voudrais même que tous les admirateurs du poète, que tous ceux qui reconnaissent en lui un génie classique et presque antique par sa vocation pour l'harmonie, étudiassent assez l'homme pour apprendre à l'estimer, à l'aimer, car il était bon autant que sage.
Qu'on me permette de remercier ici tout particulièremejit M. Stœber, le savant professeur de Mulhouse qui a si bien mérité de la littérature gœthéenne, et MM. Heyne et Soldan, professeurs à l'Université de Bàle. Ces trois messieurs m'ont constamment encouragé dans mon travail et m'ont souvent guidé de leurs conseils. Je ne dois pas oublier non plus le