XIV PRÉFACE
la crainte de donner comme idée originale ce qui pouvait n'être qu'une réminiscence, de l'autre et surtout, parce que j'ai trop souvent souffert de l'absence de notes chez les auteurs que je consultais, pour ne point essayer d'éviter autant que possible cette peine à d'autres*. — On ne me reprochera pas, je pense, comme une lacune de ne pas avoir porté de jugement sur le livre même de Gœthe qui forme le Voyage en Italie. J'estime qu'il n'y avait p .s lieu de le faire. Composé de matériaux divers*, réunis et remaniés à différentes époques, c'est une compilation pleine de charme toujours, mais souvent incomplète et ne présentant point le caractère d'unité indispensable à toute œuvre littéraire.
Comprenant ma tâche en psychologue, voulant trouver la solution vraie d'une question de psychologie et non, comme le moraliste, des exemples du bien, ou comme l'artiste, des exemples du beau, je n'ai pas recherché si les résultats tout païens du voyage en Italie ont été pour Gœthe un progrès ou non. Ces résultats, j'ai voulu les constater, voilà tout. Dafls ce but.
* Toutes mes citations des œuvres de Gœthe sont données d'après l'édition en 15 vol. de Cotta. (Stuttgart, 1872.)
* Journal, lettres à M"»» de Stein et à Herder, relations. U est facile de distinguer ces divers éléments, mais j'ai cru inutile de le faire dans mes citations. — Ceux qui voudraient de plus amples détails sur la manière dont Gœthe composa son ouvrage, et sur l'accueil que lui firent ses contemporains, les trouveront dans DiiNTZER : Gœthes Italienische Reise : Vorhenierkung. [HetnpeVschc Aufigabc.)