GŒTHE ET FAUST
« Ce nom de Faust, quelle place ne tient-il pas dans l'histoire de l'esprit moderne ! A partir du xV' siècle, de quelque côté que votre curiosité se tourne, vous le retrouverez partout. De ces cinq lettres assemblées par le doigt du destin sur un échiquier, des montagnes d'œuvres sont sorties : récits populaires, drames, compilations littéraires et musicales, dessins, gravures et tableaux. Les bibliothèques, les musées, les salles de spectale, ce nom a tout rempli, à ce point que voilà un héros légendaire qui, si j(^ m'en rapporte au catalogue des choses qu'il a suscitées, a déjà j lus occupé le génie humain que n'ont fait les plus authentiques personnages de l'histoire. > Ces lignes, que nous impri-
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mions ici même en 1869 (1) nous reviennent aujourd'hui citées dans la préface de l'édition de M. de Lœper, la plus complète que l'Allemagne ait donnée du poème de Gœthe (2) et prouvent du moins que nous ne nous trompions, pas quand nous prédisions il y a dix ans une infinité d'évolutions à cette science nouvelle qui partout en Europe comme en Amérique va se propageant autour de Faust. La Divine Comédie hit ainsi au moyen-âge une sorte de luche universelle; il fallait que le monde moderneeût la sienne ; et les abeilles s'y sont mises pour ne plus chômer. Inaugurée en Allemagne de 1818 à 1824 par les Schubarth, les Gôschel, les- Daub, les Hinrichs, en France par M"*' de Staël, en Angleterre par Cari yle, la période des études et commentaires ne devait plus faire que croître et que grandir. Soixante ans se sont écoulés, et le public en est encore à prononcer son claudite jam riuos, les prés n'ayant apparemment point assez bu, et certaines œuvres étant douées d'une faculté kaléidoscopique pour