‹ Goethe et DiderotChapitre 4 sur 37 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

(pour des raisons ({ii'on n'a point ici à examiner, cela la regarde!), Gœtli-e, son Bonaparte intellectuel, était entré, littérairement, en France, comme notre Bonaparte, à nous, était entré militairement chez elle. Seulement, pour Gœthe, pas de bataille de Leipsig. Envahis, il nous avait gardés. Plus heureux que le conquérant par les armes, le conquérant par la plume s'était établi, fortifié et étendu dans sa conquête... Et encore à cette mauvaise heure, quand nous avons l'épée de l'Allemagne à moitié dans le cœur, d'où nous ne pouvons l'arracher, Gœthe reste triomphant dans nos esprits, dont nous ne pouvons l'arracher davantage. Et d'ailleurs comment s'y prendrait-on pour l'en arracher?... Ne faudrait-il pas mettre la main sur le collet de son génie, et qui l'oserait?... Son génie, qui fait trembler ceux qui l'admirent, n'a jamais en France, que je sache, été... même discuté.

En résumé, voilà la France pour Gœthe et Gœthe pour la France. Qu'importe ce qu'il est pour les autres nations ! Mais, pour la notre, il

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