‹ Goethe et DiderotChapitre 5 sur 37 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

importe de constater que c'est la France, plus qu'aucune autre, qui a le plus vivement poussé à cette gloire de Gœthe, qui n'est pas seulement une gloire allemande, mais une gloire de l'esprit humain (1). La France, seule, a fait plus pour cette gloire que l'Angleterre, par exemple, dont le sang saxon touche au sang germain dans ses veines, et quoique son Walter Scott ait traduit Gœthe et que son grand Byron lui ait dédié respectueusement son Manfred. La France a fait plus que l'Allemagne elle-même. Ouiî la France, la séductible France, qui s'éprend de toute chose et de toute personne étrangère, a européanisé la gloire de Gœthe. Sans elle, il serait encore dans le fossé de l'Allemagne. Mais elle a mis au service de sa gloire sa langue, qu'on entend et qu'on parle partout. Chose inouïe! Napoléon lui-même,

1. Un fers'ent de Barbej' d'Aurevilly avait coupé, il ne sait malheureusement plus dans quel journal, cette curieuse note : « Au mois d'octobre 1802, Gœthe écrivait à Schiller : " Je vous attends à Weimar; nous causerons littérature et (' nous parlerons de la France. J'ai rêvé qu'un jour cette (' nation, qui> tant aidé à ma réputation, serait la première << à briser le piédestal qu elle m'a élevé. Vous m'expliquerez « ce songe. » Mais jusque, présent cette lettre a été cherchée en vain dans la Correspondance de Gœthe. (Note de l'éd.)

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