‹ Goethe et Frédérique BrionChapitre 1 sur 37 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

et de Faust. Aussi, en écrivant ceslignes, n’étionsnous pas exposé au risque d’user de redites. Nous avons néanmoins tendu à une extrême concision. Et si un reproche doit nous être fait, ce ne sera point celui d’avoir imité les interminables dissertations des savants allemands.

La plupart de nos citations sont extraites de l'excellent et fameux recueil de Salomon Hirzel : Der junge Gœæthe (Leipzig, 1887, 3 volumes). La traduction de Porchat nous a été utile : dans quelques cas seulement, nous l'avons corrigée.

Enfin nous remercions M. Lemercier, Doyen de la Faculté des Lettres de l’Université de Caen, et M. Belouin, Maître de Conférences, des observations très justes dont ils ont bien voulu nous faire bénéficier.

Pb:

Cambrai, le 9 mars 1908.

Un lecteur non averti peut s'étonner de nous voir prendre le récit de Gœthe comme base d’un travail strictement critique. Il n'est pas toujours aisé, d’un bout à l’autre de Dichtung und Wahrheit, de faire la part de la poésie et celle de la vérité, tant l’une est persuasive à force d'être naturelle, et tant l’autre se pare de tous les charmes de la fantaisie. A plus forte raison hésite-t-on à chercher un enseignement de réalité dans ces pages que Gœthe a consacrées à ses amours avec Frédérique Brion, et où, selon son propre témoignage, il n’est pas un trait qui soit inexact, mais pas un événement non plus qui soit raconté de la façon même qu'il s'est passé”.

4. Eckermann’s Gespräche mit Gœthe, XI, p. 188. (Édition de 1837.)

Est-ce à dire qu'errant à la recherche des faits historiquement exacts, tout fil et toute issue nous manqueraient? Non. Gœthe, d’abord, n'a pas eu recours à sa seule mémoire. Il a puisé dans ses carnets de notes, qui sont conservés. Il s'est reporté aux poésies jadis inspirées par Frédérique, et 1l a animé sa prose de leur jeune mouvement’. Quelquesunes des lettres qu’il écrivit de Sessenheim ont aussi subsisté : et si elles soulèvent bien des questions insolubles, elles permettent pourtant d’instructifs rapprochements”. Il y a enfin la méthode microscopique des érudits qui s’attachent au moindre détail et se passionnent pour les vérités infiniment petites : tel, entre cent, Lucius établissant que l'épisode du gâteau de baptème apporté par Gœæthe, travesti, de Drusenheim à Sessenheim n'est qu'une pure fiction, attendu, d'une part, que le premier village était entièrement catholique, sans rapports d'intimité avec le second, d'autre part, que les registres contemporains de Sessenheim ne portent pas trace du baptême d'un enfant de Drusenheim *.

Mais quand même nous aurions les moyens de

1. Cf. notamment la deuxième strophe de Wilkommen und Abschied, qui est presque textuellement transcrite au 1. XI de Dichtung und Wahrheil.

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