Kunst und Alterthum, I
range dans la catégorie des « Nebulisten ! ». C'est qu'en effet ce peintre, dont le métier restait imparfait, avait la passion du «significatif et de l’allégorique ». On en peut juger par la façon dont il s'avisa de représenter l’indépendante originalité de Shakespeare *, sur le rideau du nouveau théâtre de Leipzig, qu'il peignait en écoutant le jeune Gæthe lui lire les bonnes feuilles de Musarion.
Si l’on ajoute à cela qu'Œser donnait à ses élèves le goût de la grandeur calme et simple”, on comprend comment ses leçons agissaient sur leur esprit dans le même sens que les ouvrages de Winckelmann. Celui-ci se plaisait d’ailleurs à reconnaître l'influence d'Œser. C'est à Dresde, en 1739 que les deux hommes s'étaient rencontrés, et les premiers ouvrages de Winckelmann‘ reviennent sans cesse sur l'allégorie, chère au maître de Gœthe. On s’est pourtant étonné que dans l'étude qui fait partie de Wänckelmann et son siècle il soit si brièvement question de cette influence d'Œser. C'est, comme le remarque avec raison O. Jahn’, un effet de son voyage en Italie et de l'influence d'Henri Meyer. « Je pensais, dit-il, apprendre ici quelque chose, mais retourner ainsi à l'école... je ne le pensais pas. » Quoi qu'il en soit, l'admiration qu'ÆEser avait pour Winckelmann se communiquait aisément à ses élèves; c'est avec dévotion que ceux-ci lurent les premiers écrits du grand critique d'art; 1l y retrouvaient les idées de leur maître, et même ses boutades; la communion de principes du peintre et de l'écrivain les leur rendait tous deux plus chers. « Nous regardions comme un