Voir acte V, sc. vir, v
qu'on échafaude sur l'interprétation de ces deux vers. Si ces paroles du moine, qui dans une sorte de parabole va prophétiser la révolution, font simplement allusion au douloureux spectacle de la patrie bouleversée, l'édifice de conjectures se trouve aussitôt détruit. Remarquons d'ailleurs que cette « dissolution des derniers liens », au milieu de laquelle doit s’engloutir Eugénie, est marquée par le schéma pour la fin de la deuxième partie : il faudrait donc supposer que le dernier acte de la trilogie nous eût laissés à peu près au même point : on aurait vu seulement une action plus énergique du despotisme révolutionnaire. La chose est possible, mais nullement certaine. L'hypothèse contraire, qui est celle de Hettner et de Düntzer, nous paraît beaucoup plus vraisemblable. « La fille naturelle, dit Hettner, princesse par la naissance et l'éducation, rapprochée du peuple par son mariage et l'expérience de sa vie, était manifestement conçue comme médiatrice, comme symbole de la réconciliation finale *. »
S'il y a, comme nous l'avons dit, dans le rôle d'Eugénie une certaine passivité, si nous ne voyons nullement qu’elle songe à élargir sa cause pour en faire celle des opprimés, elle peut passer néanmoins pour une sorte de victime propitiatoire . à qui sa destinée fait servir la justice, surtout dans l'hypothèse du dénouement que nous tenons pour probable. Nous avons fait remarquer précédemment que le Conseiller, dans la première partie, loin d’entrevoir ou de souhaiter une révolution, paraissait absoudre des abus de pouvoir inévitables. Dès le commencement de la deuxième partie nous le voyons présider une assemblée de réformateurs ou de révolutionnaires : comment expliquer cette contradiction? Il nous semble difficile de ne pas admettre que la destinée d'Eugénie ait été d’une grande action sur l’esprit du Conseiller, en raison même de son amour. Si nous avions autrement qu’en schème la 1v° scène de l’acte II, nous verrions certainement le Conseiller combattre les objections et les révoltes ? d'Eugénie par l'exemple même de l'injustice qu’elle a soufferte : le drame