‹ Goethe et le drame antiqueChapitre 71 sur 270 · CHAPITRE IT LIL A · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT LIL A

Parmi les œuvres des premières années de Weimar qui nous permettent de suivre cette marche vers l'équilibre moral, dont Egmont est une étape, il nous faut rappeler ici l'opéra de Lila, commencé en 17176, représenté pour la première fois le 30 janvier 1777 pour l'anniversaire de la duchesse, remanié en 17178, et mis pour la troisième fois sur le métier en 1788. Le choix du sujet se rattache à une prédilection assez marquée de Gœthe pour le rôle de « médecin moral ». L'année même où fut jouée sa pièce, il fit halte, au cours de son voyage dans le Harz, à Wernigerode, chez le surintendant Plessing, dont le fils, candidat en théologie, se sentant devenir mélancolique et hypocondriaque lui avait écrit pour lui demander conseil et secours. Gœæthe crut bon de ne pas sefaire connaître, et de se donner pour un paysagiste de Gotha, bien informé de la vie et des habitudes de Weimar : tout en jouant ce personnage, il observait son malade et établissait son diagnostic'. Le remède qu'il conseilla au jeune Plessing fut, naturellement, celui dont il avait toujours usé lui-même : il l'engagea à se tourner résolument vers la réalité et vers l’action, lui parlant avec enthousiasme de ce que la nature révèle à qui veut l'observer et se donner à elle avec toutes les

1. Beschräünkte Selbstigkeit. Cf. Môbius, Das Pathologische bei Gœthe, p. 45 et suivantes.

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