‹ Goethe et le TasseChapitre 13 sur 15 · I . De Y Allemagne · texte numérisé non relu

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c'est l'abus des réflexions philosophiques qu'il émet. Il descend à chaque instant au fond de lui-même. Or ce n'était pas en cela que consistait la folie de Torquato, mais bien plutôt en cette susceptibilité souffrante, en cette impression trop vive des objets extérieurs, en cet enivrement de l'orgueil et de l'amour dont il était la proie perpétuelle.

La lecture du livre de M. Solerti, des vers et des lettres de Tasse me persuadent pourtant de ceci : ses violences passionnelles, plutôt qu'une profondeur exagérée de pensée, causèrent sa mélancolie. «Son génie ne comportait pas, comme celui des poètes allemands, ce mélange de réflexions etd'activité, d'analyse et d'enthousiasme qui trouble singulièrement l'existence ' ».

Dans sa tragédie de Torquato Tasso, Gœthe songe à chaque instant à Weimar, où il fut poète de cour, comme Tasse à Ferrare. Les allusions ne manquent pas à la vie alle-

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