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Contrairement à ce qui se passe dans les réactions de fixation, la période présérologique est ici considérablement réduite. Pour Zeupe, la gono-réaction apparaît du dixième au vingtième jour, pour BARBELLION, vers la troisième semaine. La gono-réaction à la gonacrine abrège ces délais et, en pratique, tout sujet qui vient consulter atteint d’urétrite gonococcique présente une réaction positive.
Cependant, il est un cas où, en présence d’une urétrite à gonocoques, contrôlée par le laboratoire, on n’obtient à aucun moment de réaction positive. C’est celui où, dès l’apparition de l’écoulement suspect, le sujet s’est énergiquement soigné, coupant court au développement de l’infection. Nous en avons un exemple dans l’obs. 86 : Dig... consulte le 6 novembre pour un écoulement datant de deux jours, avec présence de gonocoques. La gonoréaction est à 0. Le sujet reçoit en traitement 5 gr. de sulfamidothiazol les deux premiers jours, 4 gr. le troisième, 3 gr. le quatrième et 2 gr. les deux derniers. Une semaine plus tard, le 13 novembre, l’écoulement est complètement tari. La gono-réaction reste à 0. L'épreuve de la bière permet de vérifier la guérison complète. Le 25 novembre, la gono-réaction est toujours négative. Le traitement, en entravant la pullulation locale des gonocoques, n’a pas permis le passage dans le sang de toute substance pathologique susceptible d’amener une modification des albumines du sérum. Au contraire, dans
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l’obs. 79, nous voyons une réaction, négative au troisième jour de l'écoulement, atteindre 21 dix jours après malgré le traitement par les sulfamides.
Comme nous l’avons déjà vu, le chiffre obtenu est proportionnel à l’intensité de l’infection, celle-ci se trouvant sous la dépendance de deux facteurs : la virulence du germe en cause et la plus ou moins grande réceptivité du sujet vis-à-vis du gonocoque. Un léger suintement urétral, datant de huit jours, avec, au prélèvement, présence de quelques rares gonos, donne 5 à la réaction (obs. 27). Une blennorragie aiguë datant de dix jours, avec sur la lame de nombreux diplocoques en amas, marque 64 (obs. 30). La gono-réaction est donc susceptible de donner un renseignement utile sur la sévérité de l’atteinte gonococcique.
L'évolution de la réaction est liée à l’activité du traitement mis en jeu et à la façon dont il est supporté par l’organisme. Parfois le chiffre continue à s’élever pendant quelque temps, passe par un maximum, puis redescend ensuite. Dans d’autres cas, dès le début du traitement, les chiffres s’abaissent pour tendre à la négativité peu de jours après la guérison clinique. Dans l’obs. 71, le sujet qui donne 48 au troisième jour de l’infection, est à 20 après traitement au Dagénan et à 0 un mois après le début de la maladie. Chez C.. Roger (obs. 77) qui présente une résistance aux sulfamides et photosensibilisation accentuée à la gonacrine, nous
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voyons les chiffres s’abaisser lentement 24-20-18-7 au cours d’un mois. Des gono-réactions, pratiquées régulièrement, permettent ainsi de suivre d’une façon précise l’effet d’une thérapeutique et d’apprécier l’activité du traitement employé.
Dans les blennorragies datant de plus d’un mois et dans les blennorragies chroniques la réaction est toujours positive. Les chiffres obtenus sont souvent élevés et varient, dans nos observations, de 16 à + ©. Les 0 obtenus (obs. 80 et 82) concernent des sujets ayant présenté autrefois une blennorragie et chez lesquels est apparu de nouveau une secrétion urétrale, secrétion claire où l’examen bactériolcgique ne décèle aucun gonocoque. Il ne s’agit plus de blennorragie, mais d’une simple urétrite par fatigue ou altération de la muqueuse. La gono-réaction négative, en affirmant la guérison de l’infection gonococcique, invitera à laisser l’urètre au repos et à s’abstenir de toute thérapeutique.
Quant aux complications de la blennorragie masculine, la réaction s’y révèle naturellement positive. Une prostatite nous a donné 88, une orchite 34 et une épididymite 37. En effet, on se trouve ici dans les meilleures conditions pour le passage dans le sang des éléments qui produisent la floculation du sérum.