‹ Gono-réaction de Floculation à la Gonacrine Réaction de TrautmannChapitre 29 sur 34 · ET 2 DE · texte numérisé non relu

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Au contraire de ce qui se passe chez l’homme, qui donne un résultat positif dès les premiers jours de l’urétrite, la réaction de floculation est beaucoup plus lente à s’établir chez la femme. Dans des cas de blennorragie conjugale, où la date de contamination peut être approximativement fixée, nous constatons que les réactions restent négatives dans les quinze premiers jours (obs. 35, 52, 92, 45 et 97). Même chez M $S... Simone (obs. 95) qui présente des signes de blennorragie aiguë depuis une semaine, avec dysurie et urines sanglantes, la gono-réaction reste à 0. En moyenne, elle devient positive à partir de la troisième semaine.

À quoi faut-il attribuer cette différence dans la durée de la période présérologique chez l’homme et chez la femme ? Doit-on invoquer la brièveté de l’urètre féminin, l’absence de glandes au niveau du vagin dont l’épithelium pavimenteux stratifié ne permet pas le développement du gonocoque à sa surface ? Ou faut-il ne voir, dans ce fait qu’une conséquence de l’allure souvent diserète que présente la blennorragie féminine ? En effet, chez l’homme l’atteinte gonococcique détermine un épisode aigu. Chez la femme, cette blennorragie aiguë n’est pas extraordinaire. Mais elle est rare malgré tout : le plus souvent l’irritation urétrale est passagère, les symptômes restent atténués. Et, parallèlement, on peut penser que les produits pathologiques, élaborés en moins grande quantité, passent plus lentement dans le sang.

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Ce qui nous confirme dans cette opinion, c’est qu’il est rare de trouver chez la femme, avant tout début de traitement, un chiffre de floculation élevé. Alors que, chez l’homme, la première gono-réaction donne d’emblée un chiffre important, sur 19 cas observés chez la femme, les chiffres obtenus varient entre 2 et 24. Le gonocoque semble se développer tout superficiellement et ne donner lieu à aucune déchärge toxique dans le sang. Sa virulence paraît atténuée.

Sur ce germe, si réduit dans son activité, le traitement va tout d’abord faire l’effet d’une réactivation et stimuler sa virulence, comme des gono-réactions, pratiquées à plusieurs reprises, permettent de le déceler. M'° D... Yvonne (obs. 42) présente des pertes abondantes et un suitement urétral où le prélèvement montre de nombreux gonocoques. Le col, le corps et les annexes sont normaux. La gono-réaction donne 2. On institue le traitement : septoplix et soins locaux. Un mois plus tard, la gono-réaction est à 50 quoique les pertes aient sensiblement diminué. La malade prend alors du Dagénan. Les pertes disparaissent. La gono-réaction tombe à 8 et se négative un peu plus tard. M"° P... Henriette (obs. 40) présente une leucorrhée et une érosion sur la lèvre supérieure du col. Au prélèvement cervical, rares gonocoques. La gono-réaction est à 2. Le traitement Septoplix et soins locaux amène une cicatrisation du col. Au prélèvement, persistance de diplocoques suspects.

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La gono-réaction monte à 16. M" P... prend de nouveau du Septoplix et des injections de Donagol. Un mois plus tard, le prélèvement est négatif, la gono-réaction est à 9 et le mois suivant elle est négative.

Cependant, contrairement aux résultats acquis par Zeupe qui trouve « moins de gono-réactions négatives dans la blennorragie féminine que dans la blennorragie masculine >» nous nous sommes trouvée en présence d’une proportion assez élevée de réactions négatives chez la femme dans des cas où bactériologiquement, la présence du gonocoque était indiscutable. Alors que, chez l’homme, la gono-réaction semble concorder rigoureusement avec la clinique et la bactériologie, ici nous trouvons à plusieurs reprises une discordance apparente. Nous allons examiner en détail ces différents cas.

Eliminons d’abord les cas où les prélèvements urétral et cervical ne décèlent aucun gonocoque (obs. 36, 61 et 70). La gono-réaction, en s’y montrant négative vient confirmer un diagnostic de vaginite à germes banaux.

De même, lorsqu'il s’agit d’une contamination récente, datant de moins de quinze jours, il est naturel, comme nous l’avons déjà vu, que la gono-réaction soit négative, l’infection étant encore au stade présérologique. Par la suite on voit apparaître des chiffres positifs qui décroissent sous l’influence du traitement. M”° N... Marie (obs. 52) vient parce que son mari a contracté une blennorragie depuis quinze jours. Elle présente des

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pertes assez abondantes et de la dysurie. Le prélèvement vaginal montre des gonocoques. La gono-réaction est à 0. On institue le traitement Septoplix et soins locaux. La gono-réaction donne 11. Un mois plus tard les gonocoques ont disparu et la gono-réaction est de nouveau à 0. Même allure des observations 35 et 45.

Si, au cours de cette longue période présérologique, la blennorragie est soignée d’une façon assez efficace pour entraver toute pullulation du gonocoque, elle peut guérir sans jamais donner de réactions positives. Ceci nous semble être le cas de M" D... Jeanne (obs. 92) : son mari est atteint de blennorragie, elle présente des pertes depuis quelques jours et des gonocoques dans le prélèvement urétral. La gono-réaction donne 0. M" D... reçoit 4 gr. d’Albucid par jour pendant six jours'et des soins locaux. Une semaine plus tard l’écoulement urétral et les pertes sont taris, les gonocoques ont disparu : la gono-réaction est toujours à 0. Même interprétation de l’obs. 95.

Mais enfin il reste quelques cas où l’infection est sans conteste de date ancienne, passée à la chronicité, et où la gono-réaction demeure constamment à (0. Ainsi M”° B... Gisèle (obs. 53) présente une leucorrhée depuis 5 à 6 ans. L’examen montre un suintement urétral et une endocervicite. Le corps et les annexes sont normaux. Au prélèvement : flore microbienne très riche avec des diplocoques suspects. La gono-réaction est à 0. Elle l’est

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encore après réactivation au nitrate d’argent qui montre la présence indiscutable de gonocoques. M"° P... Denise (obs. 87), dont le mari a une goutte matinale depuis trois mois, présente une leucorrhée depuis un temps indéterminé. Au prélèvement vaginal on trouve de nombreux gonocoques extra et intracellulaires. La gonoréaction est à 0. Et même dans un cas compliqué de skénite et de salpingite gauche, avec leucorrhée abondante depuis six mois et présence de nombreux gonocoques intracellulaires dans l’écoulement cervical, la gono-réaction est à O0 et y demeure au cours du traitement (obs. 94).

Ces résultats paradoxaux ne sont pas propres à notre technique puisqu'ils sont déjà signalés par DEMANCHE. Il faut donc reconnaître que, dans un certain nombre de cas, la gono-réaction peut être en défaut chez la femme. S'agit-il d’une absence de réaction de l’organisme ? Ou s’agit-il d’un manque de sensibilité de la réaction, susceptible d’être corrigé ? En employant une dilution plus concentrée de gonacrine : 0 gr., 16 ou 0 gr., 17 %, on ne nuit pas à la spécificité de la réaction (la plupart des sérums non blennorragiques demeurent à 0 pour une dilution de 0 gr., 2 %) et l’on augmente sa sensibilité. Peut-être ainsi arriverait-on à déceler l’infection blennorragique dans des sérums indifférents au taux utilisé jusqu’ici.

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Cependant beaucoup plus fréquentes sont les complications de la blennorragie féminine qui nous ont donné des résultats positifs. Trois cas de bartholinites s’accompagnent de réactions positives, encore qu’on puisse admettre que de rares gonocoques, enkystés dans une bartholinite chronique, ne donnent pas forcément une modification du sérum. Mise à part l’observation décrite ci-dessus, des salpingites ont marqué des chiffres compris entre 5 et 32.

Enfin dans un cas de vulvo-vaginite chez une fillette de 4 ans, la gono-réaction s’est montrée positive.

Parmi les complications communes aux deux sexes, il ne nous a été donné d’observer que des arthrites. Les réactions y ont toujours été positives. Un exemple typique de l’intérêt diagnostique que la gono-réaction présente dans de tels cas nous est fourni par l’observation de M Dub. (obs. 84). Celle-ci, suivie pour syphilis, présentait une arthrite du cou-de-pied avec œædème douloureux de l’articulation tibio-tarsienne. Le traitement salicylé ne donnant aucun résultat avait été abandonné. A tout hasard, on pratique une gonoréaction qui est positive : 15. Un interrogatoire plus approfondi permet alors de retrouver la notion d’une blennorragie en mars 1941, complètement négligée par la malade, bien qu’elle ait donné lieu à deux gonoréactions de fixation : GRF—H2? en mars 1941 et

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