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GR F—H4# en juin 1941. Le traitement par vaccin antigonococcique Pasteur amène une amélioration rapidement appréciable de l’arthrite avec disparition de l’ædème. À noter qu’une gono-réaction de fixation, pratiquée en même temps que la réaction de floculation, indiquait un retour à la normale (GR F — HS) et n’aurait pu contribuer à éclairer le diagnostic.
C’est là véritablement la meilleure indication de la gono-réaction. Dans de tels cas elle représente l’argument de poids qui vient mettre un terme à toute hésitation diagnostique.
Une seule précaution s’impose comme nous le verrons plus loin : la prise de sang ne doit pas être faite chez des malades en traitement par le salicylate de soude, à moins qu’une suspension momentanée du traitement ne leur ait permis d’avoir éliminé entièrement ce produit au moment du prélèvement.
Il est permis de penser que les autres complications de la blennorragie donneraient de même des gonoréactions positives avec un chiffre d’autant plus élevé que l’envahissement de l’organisme est plus considérable, et maximum dans la gonococcémie.
15) Mis:
$ 3. — Spécificité.
Nulle réaction sérologique ne peut être d’une spécifité rigoureuse. Pas plus que les diverses gono-réactions de fixation, la gono-réaction de floculation ne saurait atteindre la spécificité absolue. Cependant les résultats obtenus par l’expérimentation sont assez probants pour qu’elle soit admise à prendre place parmi les gonoréactions actuellement en pratique.
Nous avons vu par le détail les résultats qu’il faut en attendre dans les affections blennorragiques. Chez l’homme, la sérologie concorde d’une façon presque parfaite avec la clinique; les résultats négatifs correspondent soit à des blennorragies trop récentes pour avoir provoqué des modifications sériques, soit à des urétrites agonococciques. Chez la femme, les résultats sont un peu moins satisfaisants : on peut trouver une gono-réaction négative en présence d’une blennorragie nettement caractérisée. Heureusement ces cas constituent la minorité et l’on peut espérer en réduire encore le nombre en augmentant la sensibilité de la réaction.
Dans aucun cas l’emploi thérapeutique du vacein antigonococcique ne nous à paru influer sur la floculation du sérum. Z.. Amar (obs. 21), traité par Soluseptazine et Vaccin Pasteur, voit sa gono-réaction descendre en deux mois de 51 à 0. Il en est de même pour P... Raymond
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(obs. 80). La réaction de floculation est donc indifférente à l’usage des vaccins, à l’opposé des réactions de déviation.
L'état de gestation (obs. 58) ne nous a pas paru non plus perturber les résultats.
En dehors de la blennorragie, nous avons examiné un sujet sain (nous-même) : la gono-réaction a été négative, et 33 sérums, pris au hasard, parmi ceux de malades traités pour syphilis, tuberculose ou cancer. Parmi eux, nous avons obtenu :
19 sérums donnant 0 à la gono-réaction.
10 sérums donnant un chiffre allant de 6 à 53. Tous ces sérums étaient opalescents et, comme nous l’avons signalé, tout sérum opalescent doit être complètement rejeté. Le résultat de son examen ne saurait avoir aucune signification.
4 sérums clairs ont donné un chiffre variant de 6 à 35.
De ces quatre malades, traités pour syphilis et ayant donné un résultat positif à la gono-réaction, deux n’ont pu être joints. Nous ne possédons aucun renseignement sur eux et il n’est pas invraisemblable de supposer qu’ils peuvent être atteints de blennorragie.
La troisième (jeune femme) a reconnu être atteinte de blennorragie récente.
La quatrième (femme de 60 ans traitée depuis longtemps pour une syphilis rebelle) est actuellement soumise à la médication iodurée. Expérimentant sur nous-
même, nous avons recherché si l’usage d’un tel médicament ne pouvait pas provoquer une floculation du sérum en présence de la gonacrine. Effectivement, après absorption de 2 gr. d’iodure de potassium, nous avons présenté une réaction à 7. (A noter que le sérum de notre malade, examiné il y a 3 ans avait donné 0 à la gono-réaction.)
On peut penser qu’un certain nombre de substances sont susceptibles d’influencer de même la floculation et de fausser les résultats. Il est donc indispensable que le sujet s’abstienne de tout médicament deux jours au moins avant la prise de sang.
Enfin, il y aurait lieu d’établir le bilan des infections non gonococciques qui donnent un résultat positif à la gono-réaction. Les états fébriles ne semblent pas l’influencer : une typho-bacillose en activité nous a donné (.
Par contre, dans deux cas d’impetigo et gale, chez des enfants de 4 et 6 ans, nous avons trouvé les chiffres 19 et 20.
Les maladies de peau généralisées seraient done susceptibles d’influer sur la réaction.
Ainsi, après élimination de toutes ces causes d’erreur, on arrive à une spécificité, non pas absolue, mais du moins suffisamment appréciable pour défendre la cause de cette nouvelle gono-réaction et lui conquérir droit de cité.
$ 4. — Applications pratiques de la Gono-réaction.
Telle est la valeur sérologique de la gono-réaction à la gonacrine. Comme les autres gono-réactions, mieux même à cause de la simplicité de sa technique, il est souhaitable qu’elle entre dans la pratique médicale courante. En effet la gono-réaction ne doit pas être considérée comme un simple exercice de laboratoire mais présente un grand intérêt pratique.
Certes ce n’est pas en présence d’une urétrite aiguë ou d’une vaginite, dont le pus recèle de nombreux gonocoques, que la gono-réaction prouve son utilité. Elle est de même superflue au diagnostic des complications immédiates qui surviennent au cours d’une blennorragie aiguë et avérée. Mais là où se révèle toute sa valeur, c’est dans le cas de complications éloignées, quand les examens bactériologiques habituels ne suffisent plus : épididymite d’origine douteuse qui fait hésiter entre tuberculose et blennorragie ; rhumatisme sans étiologie nette, et toutes ces manifestations articulaires variées : dactylites, talalgies, spondylites, ou même para-articulaires : synovites, bursites, périostites… C’est dans de tels cas qui font hésiter le diagnostic, qu’une gonoréaction positive viendra éclairer le médecin et permettra d’appliquer la thérapeutique appropriée.
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Ressource précieuse aussi pour le clinicien que la gono-réaction dans la blennorragie féminine. Si une gono-réaction négative ne permet pas d’éliminer à coup sûr la blennorragie, une gono-réaction positive, accompagnant un argument clinique, prend une valeur presque absolue. Même une gono-réaction positive isolée, sans aucun appui clinique, représente une indication qu’on ne devra jamais négliger, comme le prouve cette observation typique. Une femme de 40 ans vient à la consultation de gynécologie pour une blennorragie ancienne. L’examen clinique est négatif. Il n’y a pas de gonocoques au prélèvement. Or la prise de sang donne 31. Tout ce qu’on trouve est un empâtement au niveau du rectum. Après lavement la grosseur persiste. Un examen attentif permet de déceler un phlegmon de la cloison rectovaginale, réservoir des gonocoques absents dans les voiles génito-urinaires.
Des gono-réactions positives ont été trouvées chez des femmes saines en apparence, chez qui les recherches bactériologiques étaient constamment négatives, et qui étaient reconnues responsables de contamination. Dans les métrites et salpingites traînantes, d’étiologie douteuse, la gono-réaction constitue encore un élément non négligeable dans le faisceau de preuves aboutissant au diagnostic.
On voit quel service la gono-réaction peut apporter au diagnostic dans de multiples circonstances. Jointe
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aux notions cliniques et aux épreuves bactériologiques, elle permettra au médecin expérimenté d’arriver à une très grande précision dans le diagnostic.
Argument diagnostique, la gono-réaction est encore un précieux test de guérison. Mais peut-on préciser exactement la date à laquelle la gono-réaction devient négative ? Les gono-réactions de fixation continuent à être positives pendant un laps de temps variable après la guérison clinique : Zeune le fixe à un mois, BARBELLION à 2 mois et DeMANCHE pense que la réaction peut rester positive pendant des années après l’infection.
En ce qui concerne la gono-réaction de floculation, le retour au 0 semble se faire dans le mois qui suit la guérison clinique. Parfois le 0 sérologique suit de près la disparition des gonocoques. Dans d’autres cas il est plus long à s’établir : le chiffre de réaction s’abaisse lentement.
En tout cas nous n’avons jamais vu la gono-réaction devenir négative au cours de l’évolution d’une blennorragie avec persistance des gonocoques.
Si la gono-réaction est tombée à 0 et que l’écoulement urétral persiste, la blennorragie n’en est pas moins terminée bactériologiquement. Il n’y a plus de foyer de gonocoques dans l’organisme. L’urétrite résiduelle est due soit à l’irritation de l’urètre, soit à une infection surajoutée.
Si la guérison clinique semble acquise et que la gonoréaction reste positive, il faut admettre qu’il ‘existe encore des gonocoques dans l’organisme et ne pas abandonner le traitement. Ainsi M. Georges (obs. 74) présente une guérison clinique complète en apparence. Cependant la gono-réaction reste à 3. L'épreuve de la bière détermine la reprise de l’écoulement et l’apparition de nouveaux filaments dans l’urine, tandis que la gono-réaction remonte à 20. Un nouveau traitement par la gonacrine est insitué qui l’amène à 0 en deux semaines.
Ne doit être considéré comme guéri que le sujet qui présente une réaction négative et il est prudent de continuer les gono-réactions jusqu’à retour à 0. Si la gono-réaction persiste à donner un chiffre positif après un mois, malgré les apparences cliniques, il est nécessaire de reprendre le traitement et de le prolonger jusqu’à sa négativation. On se mettra ainsi à l’abri des rechutes et des récidives.
On voit tout l’intérêt sérologique et pratique qui s’attache à la gono-réaction. Or, de quelle façon pourrait-on mieux apprécier l’évolution d’une blennorragie et l’efficacité d’un traitement, qu’en traduisant par une courbe les résultats obtenus par des gono-réactions régulièrement pratiquées. Zeupe s'était déjà essayé à cette « gonométrie ». Mais la méthode de floculation, par la précision de ses résultats et l’ampleur de
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l’échelle sur laquelle ils sont donnés, se prête, mieux que tout autre, à l’établissement des tracés gonométriques. Ainsi, des gono-réactions effectuées tous les huit ou tous les quinze jours, en permettant au malade de suivre lui-même, sur un tracé concis, l’évolution de son infection, l’engageront à poursuivre le traitement jusqu’à guérison complète et retour au 0 sérologique. Comme l’écrivaient déjà Jausron, MeERsSEMAN et Pecker, en 1927 : « Trois gono-réactions espacées de quinze jours permettront ce tracé minimum sur la foi duquel on autorisera le mariage ou les rapports. »
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